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La féminisation du VIH/sida

 

Au centre de l’épidémie : Pauvreté, Violence et Discrimination sexuelle

L’identité sexuelle importe

Le VIH/SIDA : Qu’est ce que l’identité sexuelle a à avoir avec lui ?

De plus en plus, “le VIH/sida prend un visage féminin”. Les femmes sont plus exposées que les hommes à l‘infection pour des raisons sociales, culturelles et physiologiques, et elles sont actuellement infectées à un taux plus élevé que les hommes. Bien qu’à ses débuts l’épidémie ait touché surtout les hommes, aujourd’hui la moitié environ des 40 millions de séropositifs sont des femmes. Les taux d’infection féminine les plus élevés sont enregistrés dans les pays où l’épidémie s’est généralisée et où la transmission est principalement hétérosexuelle, souvent entre époux. Cinquante-sept pour cent de tous les séropositifs en Afrique subsaharienne et 49 % dans les Caraïbes sont des femmes, les jeunes femmes étant exposées aux plus hauts risques. Soixantedix- sept pour cent de toutes les femmes séropositives du monde vivent en Afrique.

Au centre de l’épidémie : Pauvreté, Violence et Discrimination sexuelle


La discrimination sexuelle, la pauvreté et la violence se situent au centre de l’épidémie du sida. Pour des raisons physiologiques, les femmes courent un risque au moins deux fois plus élevé que les hommes d’être infectées par le VIH durant les rapports sexuels. Les femmes et les filles sont souvent mal informées des questions de sexualité et de procréation et la proportion des analphabètes est plus élevée parmi elles. Elles sont souvent dépourvues de la capacité de négocier et du soutien social qui leur permettrait d’insister pour des rapports sexuels moins dangereux ou de rejeter les avances non désirées. La violence sexiste constitue un risque majeur d’infection par le sida . En outre, la pauvreté force de nombreuses femmes à devenir des travailleuses de l’industrie du sexe pour subsister ou à entrer dans des relations qui ne leur laissent pas la possibilité de négocier l’utilisation de préservatifs. Souvent, ces femmes sont incapables pour des raisons économiques de mettre fin à une relation, même si elles savent que leur partenaire a été infecté par le VIH ou exposé au VIH. Certaines pratiques nuisibles – par exemple, la mutilation/ coupure génitale féminine, le mariage des enfants et “l’héritage de la veuve” (l’union de la veuve à un parent du mari décédé) – aggravent les risques courus par les femmes.

Beaucoup ignorent encore comment se protéger du sida. En 2003, les activités de prévention avaient atteint 8 % seulement des femmes enceintes et 16 % seulement des travailleurs de l’industrie du sexe au niveau mondial. Bien que la plupart des pays, y compris en Afrique subsaharienne, aient adopté des stratégies nationales pour combattre l’épidémie, des millions de femmes et d’hommes – à dire la vérité, l’immense majorité – n’ont encore ni services ni traitement à leur disposition.

L’identité sexuelle importe

 

Les approches de la prévention du VIH attentives aux sexospécificités occupent une place centrale dans la lutte contre l’épidémie. Elles peuvent aussi catalyser une vaste transformation sociale. Les femmes peuvent acquérir un contrôle accru sur les décisions qui affectent leur vie avec le soutien et la coopération de leurs partenaires masculins, des prestataires de soins, des communautés et des gouvernements. Les jeunes hommes qui apprennent à respecter les femmes et comprennent leurs responsabilités dans la lutte contre le VIH/sida sont plus souvent disposés à utiliser un préservatif. Il est possible de mobiliser les maris pour protéger leur épouse et leurs futurs enfants contre le VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles.

La prévention du VIH chez les femmes en âge de procréer a une importance cruciale. La planification familiale librement acceptée devrait faire partie de toutes les stratégies destinées à freiner l’épidémie : l’éthique et les droits humains exigent que les femmes séropositives puissent faire des choix informés en matière de planification familiale, notamment celui de prévenir une grossesse non désirée. L’accès au traitement antirétroviral peut aider à préserver le bien-être d’une femme et à prévenir la tragédie que serait la transmission du VIH à ses enfants.

Les programmes de prévention, de soins et de traitement ont progressivement élargi les débats sur l’identité sexuelle, la sexualité et les problèmes de procréation. En 2004, ONUSIDA a lancé la Coalition mondiale sur les femmes et le sida, alliance planétaire de groupes de la société civile, de réseaux de femmes atteintes du VIH/sida, de gouvernements et d’organisations du système des Nations Unies. Son programme demande l’éducation, l’alphabétisation et les droits économiques des femmes ; un accès égal au traitement antirétrovial ; un accès aux services de santé en matière de sexualité et de procréation ; des changements dans les stéréotypes sexuels nuisibles ; et une tolérance zéro pour la violence sexiste.

Le VIH/SIDA : Qu’est ce que l’identité sexuelle a à avoir avec lui ?

 

Environ les trois quarts de toutes les nouvelles infections par le VIH sont transmises par des rapports sexuels entre hommes et femmes. Les attitudes et comportements des hommes commandent le succès des activités de prévention : les hommes détiennent presque toujours la clef des décisions en matière sexuelle, notamment concernant l’utilisation ou non de préservatifs. Dans de nombreuses sociétés, les femmes sont supposées ne pas savoir grand chose à ce sujet, et celles qui soulèvent la question des préservatifs risquent d’être accusées d’infidélité ou de liaisons multiples. La violence contre les femmes et les adolescentes et la crainte d’en être victime affaiblit encore davantage le pouvoir de négociation des femmes.

Le sida est apparu dans les années 80 comme une maladie d’hommes ; mais la proportion des femmes infectées n’a cessé d’augmenter, passant de 35 % en 1990 à 41 % en 1997 et à 48 % en 2004. Parmi les femmes séropositives, beaucoup sont mariées et n’ont eu qu’un seul partenaire – leur mari.

Dans certaines parties de l’Afrique et des Caraïbes, les deux régions où la prévalence du VIH est la plus élevée, le nombre des jeunes femmes (de 15 à 24 ans) atteintes peut être jusqu’à six fois plus élevé que celui des hommes du même âge.

Les jeunes femmes sont le groupe le plus touché dans le monde : elles représentent 67 % de tous les nouveaux cas de VIH dans le groupe d’âge 15-24 ans dans les pays en développement. En Afrique subsaharienne, les jeunes femmes représentent 76 % des jeunes séropositifs. Jusqu’à 38 % des adolescentes non mariées âgées de 15 à 19 ans ont eu des rapports sexuels en échange d’argent ou de biens matériels dans certains pays d’Afrique subsaharienne où le sida est très répandu. Le mariage : sécurité ou risque de séropositivité ?

On pense généralement que le mariage représente la “sécurité”, mais en bien des endroits il comporte d’importants risques d’infection par le VIH pour les femmes. Les chiffres ci-après, qui proviennent tant d’études au niveau national que d’enquêtes à petite échelle sur les femmes, sont bien révélateurs :

Plus des quatre cinquièmes des nouvelles infections par le VIH chez les femmes surviennent dans le cadre du mariage ou de relations à long terme.

–  En Afrique subsaharienne, environ 60 à 80 % des femmes séropositives ont été infectées par leur mari – leur unique partenaire.

–  Au moins 50% des Sénégalaises séropositives ont signalé seulement un facteur de risque – vivre dans une union “monogamique”.

–  Au Mexique, plus de 30 % des femmes reconnues séropositives découvrent leur condition après que leur mari a fait l’objet du même diagnostic.

–  En Inde, 90 % environ des femmes séropositives ont déclaré avoir été vierges au moment de leur mariage et être restées fidèles à leur mari.

–  Au Cambodge, 42 % de tous les nouveaux cas d’infection par le VIH résultent de la transmission mari-femme. Un tiers des nouveaux cas d’infection touchent les bébés de ces femmes.

–  En Thaïlande, on estime à 75 % la proportion des femmes séropositives infectées par leur mari.

–  Au Maroc, non moins de 55 % des femmes séropositives ont été infectées par leur mari.

Les études montrent que les femmes mariées préfèrent souvent s’exposer à l’infection par le VIH que demander à leur mari d’utiliser un préservatif, car cela reviendrait à le soupçonner d’infidélité. Dans deux districts de l’Ouganda, 26 % seulement des femmes ont déclaré acceptable pour une femme mariée de demander à son mari d’utiliser un préservatif.

 

Source : www.unfpa.org