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La construction en pisé réapparaît comme un art architectural de mode

 

Dans toutes les villes impériales marocaines, depuis les époques lointaines, l’architecture de terre et de pisé a été utilisée pour bâtir des ksours, des kasbahs, des murailles et des fortifications dont les tonalités varient entre l’ocre, le rouge ou le blanc, en fonction de la terre même des régions.

Ces battisses de terre et de pisé constituent l’ornement principal des grandes vallées pré sahariennes, notamment de Drâa, du Dades, du Todra et du Ziz, régions enclavées entre les chaînes du Haut-Atlas, de l’Anti-Atlas et le désert.

La province de Ouarzazate, englobe prés du tiers, des ksours et des kasbahs que comporte le Maroc typique et qui se comptent en milliers. Ces battisses qui se démarquent par leur aspect architectural typique et défensifs sont portées sur des poutres de palmiers et s’élèvent sur 2 ou 3 étages.

Distinguées par leur hauteur et par leurs motifs décoratifs multiples, les kasbahs et ksours de Ouarzazate forment un tableau d’art architectural unique dans son genre au monde mis en valeur par la grande luminosité de vastes étendus décorés de palmiers dattiers et forment un genre de forteresse donnant l’image d’une vraie vie communautaire. Les agglomérations situées généralement prés des, points d’eau : Oasis, rivières………etc comportent des places publiques, des mosquées construites avec goût et un art particulier. Ces façons de faire , de construire et d’organiser la communauté remontent à une tradition ancestrale réglementée par des lois issues de la jurisprudence des hommes sages et cheikhs de la tribut.

Ces magnifiques édifices, témoins de l’histoire d’un Maroc authentique, un Maroc pluriel, font l’objet d’ une attention particulière, de la part des organisations mondiales, et notamment l’UNESCO et le PNUD. L’appui de ces organismes internationaux a permis la mise en place du programme de sauvegarde et de préservation menés avec le ministére de la culture.

C’est aussi pour cette cause qu’ont eu lieu les ateliers de consultations locales à Ouarzazate du 29 au 30 novembre 2003, sous la présidence de monsieur le Ministre de la culture , en présence de leurs excellences les Ambassadeurs de l’UNESCO et du PNUD, ainsi que des experts locaux, nationaux et internationaux, des autorités locales, des élus et des citoyens concernés.

Ce pôle touristique d’une renommée internationale, mérite alors toute attention pour garder son aspect local intact et le protéger contre les avatars de la vie et contre toute détérioration par l’installation des édifices en contradiction avec son authenticité et son aspect.

De ce fait, il est question de créer un centre de formation aux métiers d’architecture locale dont notamment le pisé et la construction en terre, la conservation du Zellige de Tamagroute …..etc. Ces édifices qui constituent un patrimoine d’architecture locale, symbole d’une civilisation ancestrale, doivent être restaurés de manière progressive tout en appliquant ce savoir-faire local( pisé, briques en terre…..) toujours en vigueur dans le monde rural, surtout berbère, où la glaire dont elle est faite est un matériau abondant et gratuit.

Les techniques de construction anciennes n’ont pas changées .Ces techniques de pisé et de coffrages : mouillée et malaxée, la terre est damée entre deux planches de bois, à l’aide d’un pilon également en bois. Les tranches peuvent, selon les besoins être allongées en largeur et en hauteur, pour atteindre jusqu’à quatre mètres de hauteur Il existe une autre technique, c’est celle de briques de terre mêlée de paille, faite avec un adobe( appareil en bois).

Les architectes se sont intéressé à ces techniques de base, et les ont révisées et perfectionnées. Dans la région de Marrakech, par exemple, nombreuses sont les maisons d’hôtes et de demeures bourgeoises, qui , pour s’intégrer dans la nature environnante, se sont intéressées à ces façons de construire en pisé et en brique en terre, techniques devenues à la mode.

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