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Ksar Sghir dans la région de Tanger, le site Dhar Asekfane menacé

sar Sghir : Le site de Dhar Assekfane menacé.

Possible découverte de restes de l’époque Omeyyade. Mais l’autoroute se rapproche dangereusement.

Le site de Dhar Assekfane continue de susciter des remous. Découvert en 2005 sur le tracé de l’autoroute d’Oued Rmel, au niveau de Ksar Sghir (cf. www.leconomiste.com), il risque de disparaître à jamais sous l’infrastructure routière.

Selon l’association Tadaoul, le site serait actuellement condamné. Lors d’une visite sur place, les responsables de l’association ont pu se rendre compte de l’état d’avancement des travaux de l’autoroute et de leur proximité dangereuse des murailles du site.

Les responsables de l’association critiquent le manque de transparence au niveau de ce dossier. Ils pointent du doigt l’absence de publication de rapport concernant les fouilles. Lors de la découverte du site archéologique, la société Autoroutes du Maroc avait financé les travaux d’une fouille de sauvetage. Or, le résultat des recherches n’a pas encore été publié à ce jour. Chose étonnante dans la mesure où, selon des sources proches du dossier, les restes d’une mosquée datant de l’ère Omeyyade auraient été découverts. Une hypothèse qui n’a rien de farfelu puisque Ksar Sghir, connu aussi sous le nom de Ksar Al Majaz, était le port de traversée des expéditions arabes en Espagne à cette époque. Si le fait se confirme, ce sera sans conteste, l’une des plus anciennes mosquées du Maroc.

Sur une superficie d’environ un hectare, le site de Dhar Assekfane se trouve à quelques centaines de mètres du noyau urbain de Ksar Sghir, sur le flanc gauche de l’oued du même nom. Cette disposition est très typique des sites puniques et rappelle celle de Cotta, à côté de Cap Spartel et de Lixus, près de Larache. Le site est déjà répertorié par un ancien chercheur espagnol.

L’endroit est un vrai millefeuille archéologique. Sur sa première tranche, il porte les traces de la civilisation musulmane médiévale. Sur les suivantes, on trouve des stigmates des époques romaine et phénicienne. Mais c’est la période romaine qui est la plus visible car elle place le site de Dhar Assekfane dans l’ère industrielle. En effet, plusieurs cuves de salaison et de traitement de poisson datant de l’époque romaine ont été retrouvées. Le poisson était éviscéré et lavé, puis salé et séché. Il était ensuite mis dans des amphores et « exporté » vers Rome.

Les viscères de poisson étaient macérés dans des cuves et prenaient le même chemin vers les tables romaines où ils servaient de condiment de choix. Une therme romaine typique a même été découverte. Elle est dotée de trois salles, à température différente. La plus chaude était chauffée par un ingénieux système à courants d’air sous le plafond, une invention romaine. L’époque phénicienne est très peu répertoriée.

Ali ABJIOU

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