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Jeunes et développement : Identifier l’inclusion

 

Les jeunes constituent l’une des populations les moins intégrées au développement. Le taux de chômage parmi cette population est en fait des plus élevés au Maroc, avec près de 16% de jeunes qui n’arrivent pas à avoir accès au monde du travail, contre 11% pour la population active dans son ensemble.

Pour explorer les facteurs d’exclusion des jeunes et identifier les voies de leur inclusion, une nouvelle étude est menée conjointement par des chercheurs marocains, des départements ministériels et la Banque mondiale (BM).

Un atelier est organisé à cette occasion pour une rencontre entre tous ces intervenants. Le but, selon le bureau de l’institution internationale à Rabat, est « d’informer ces acteurs importants sur la recherche en cours et de bénéficier de leurs points de vue et perspectives de travail dans une approche participative ».

Il est à noter que la population du Maroc est estimée à 31 millions d’habitants, dont près de 36% sont des jeunes âgés de 15-34 ans, soit 11 millions.

Etant donné sa large base et le manque de son inclusion au développement, cette population offre, selon la Banque mondiale, « une opportunité démographique unique pour établir une robuste base de croissance ». Sa marginalisation serait susceptible d’avoir des effets néfastes, estime-t-on.

Les auteurs de cette étude se proposent ainsi d’analyser les obstacles à l’inclusion économique, sociale et civique des jeunes. Ils exhortent d’identifier les facteurs permettant de promouvoir l’inclusion des jeunes dans l’économie et l’exercice de leur citoyenneté.

De même, ils proposeront des actions à mettre en place afin d’éliminer les contraintes, atténuer les risques et saisir les opportunités pour l’inclusion des jeunes.

Pour ce faire, l’étude est réalisée en deux temps. La première phase a permis, indique-t-on, de recenser les informations existantes et d’identifier le manque de données spécifiques en la matière. Un rapport préliminaire a été produit à la fin de cette première phase.

La seconde phase ciblera, ajoute-t-on, l’étude sur certains axes thématiques identifiés dans la première phase et tentera de proposer des solutions. La collecte de nouvelles données se fera selon deux approches.

Dans un premier temps, on mènera une enquête quantitative représentative à l’échelle nationale visant les différentes catégories de jeunes. Deuxièmement, des enquêtes qualitatives ciblées viseront les différentes catégories de jeunes et des acteurs clés jouant un rôle important dans les facteurs d’inclusion/exclusion.

Il s’agit notamment des chefs d’entreprises, des éducateurs, des représentants d’ONG et des partis politiques, des centres et associations de jeunes, des ministères de la Jeunesse, de l’Education nationale…

Le résultat final donnera un travail axé sur trois volets. Le premier portera sur la jeunesse marocaine entre inclusion et exclusion. Le deuxième aborde les programmes et les politiques ciblant les jeunes.

Enfin, les auteurs tenteront de répondre à la question de savoir comment favoriser l’inclusion des jeunes à travers la création d’opportunités, de renforcement de capacités et la création de deuxièmes chances. Par ailleurs, deux autres rapports spécifiques seront réalisés plus tard sur « l’inclusion des jeunes dans l’économie » et « l’inclusion des jeunes dans la vie citoyenne ».

Investir dans la jeunesse

D’après les statistiques de la Banque mondiale dans les pays en développement (PED), les jeunes constituent le segment de la population mondiale, dont le nombre croît le plus rapidement. A l’échelle mondiale, les jeunes représentent 47 % de l’ensemble des chômeurs. Les taux de chômage sont deux à trois fois plus élevés chez les jeunes que chez les adultes et 113 millions de jeunes sont analphabètes.

Représentant une population de plus d’un milliard de personnes, dont presque neuf sur dix vivent dans les PED, la jeunesse actuelle (15-24 ans) constitue la plus importante cohorte qui entre dans la phase de passage à la vie adulte.

Le fait que la plupart de ces jeunes grandissent dans des pays où le taux de dépendance est en baisse peut avoir, selon la BM, une incidence bénéfique sur la croissance, compte tenu du « dividende démographique ». Il est important donc, estime-t-on, d’investir davantage dans la jeunesse pour plusieurs raisons.

Il s’agit d’abord de développer le capital humain et de préserver les investissements en faveur des enfants. La jeunesse constitue une importante étape de la vie ayant des effets à long terme non seulement sur l’individu, mais aussi sur la société dans son ensemble. « Le développement du capital humain à cette étape de la vie est essentiel à la croissance, à la réduction de la pauvreté et à la préservation des investissements réalisés au cours de l’enfance », conclut-on.

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