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INDH : une nouvelle phase de la politique du développement économique et social au Maroc

 

Le Roi Mohammed VI a annoncé le lancement d’un programme de lutte contre la pauvreté au Maroc, baptisé « Initiative nationale pour le développement humain » (INDH), auquel va être alloué une enveloppe budgétaire de l’ordre de dix milliards de dirhams de 2006 à 2010. Lancée le 18 mai dernier, l’INDH a pour but de « consolider les acquis politiques, par la promotion des droits économiques, sociaux et culturels des citoyens, et par la lutte contre les disparités sociales et territoriales », a souligné le souverain dans un discours prononcé, samedi soir, à l’occasion de l’anniversaire de « la révolution du roi et du peuple ».

En effet, à notre avis l’INDH est un défit pour toute la société marocaine, elle constitue par sa dimension humaine et territoriale, un pilier essentiel pour la consécration de la société démocratique et moderniste solidaire. Le point fort de cette dernière c’est qu’elle met l’élément humain au centre des efforts du développement, c’est un chantier ouvert et permanent qui ne change pas les priorités que le Maroc a identifiées dans le domaine social.

Le Roi à travers son discours a montré a tout le monde, que tout développement ne peut pas se faire sans passer par le maillon essentiel qui est l’être humain, maintenant face à ce discours historique, les décideurs des politiques stratégiques, doivent être à la hauteur, pour concrétiser les lignes directives de l’INDH. En effet, on ne doit pas se retrouver confronter à des mauvaises expériences de développement, mais établir des stratégies bien étudiées, des modèles de développement conçus et bien ficelés structurés, qui répondent aux exigences et aux besoins réels du développement de la réalité du contexte marocain.

l’INDH a pour finalité de réduire les poches de pauvreté, mettre un terme au phénomène d’exclusion sociale dans les périphéries urbaines et lutter contre la précarité qui frappe des milliers de citoyens dans les campagnes et les centres urbains, l’INDH se propose, comme exprimé par S.M. le Roi Mohammed VI, de mettre en œuvre  » des programmes pratiques, bien définis et intégrés « . Notre Roi était claire, il s’agit des projets de développement intégrés ! De ce fait, un plan d’action doit être tracé sous forme de canevas à l’action gouvernementale pour la mise en œuvre et l’aboutissement de l’INDH.

Nous signalons, que dans une première phase, 360 communes rurales et 250 quartiers urbains, parmi les plus pauvres et les plus marginalisés du royaume, bénéficieront de ce programme. En effet le planning prévu pour la concrétisation de l’INDH est répartie en trois phases comme suit :

– Phase 1 : 2ème semestre 2005

* Démarrage par la mise en place d’un plan d’action immédiat de développement humain, à fort impact.

* Identification des sites prioritaires ruraux et urbains

– Phase 2 : 2006 Initiation du processus de participation et de concertation pour :

* Produire des initiatives locales de développement humain en privilégiant le programme 2006.

* Initier les processus de révision des Plans de développement économique et social par les Conseils élus.

– Phase 3 : 2007 Pleine application des principes de planification participative et mise en convergence des programmes :

* Finalisation de la planification pluriannuelle de l’initiative locale de développement humain.

* Finalisation de la mise en convergence des Plans de Développement économique et social avec les actions planifiées dans l’initiative locale de développement humain et les actions sectorielles.

De ce qui précède, nous aimerons bien ajouté quelques recommandations que nous jugeons indispensable pour la réussite de ce grand chantier de développement de notre pays :

 – La valorisation des ressources humaines supportée par l’initiative permettrait à notre pays de prendre toute sa responsabilité dans la gestion du développement économique, sociale… avec un maximum d’efficacité. 

 – Cette initiative concernera tous les secteurs, le but et le renforcement des capacités pour la réduction de la pauvreté ou plus précisément pour la promotion des conditions minimales de la dignité humaine pour tous. 

 – Cette initiative ne visera pas nécessairement à créer de nouveaux projets mais au contraire à utiliser au maximum de leurs potentialités les projets et programmes en cours de préparation par le gouvernement et les différents partenaires (bailleurs de fonds). Elle devrait cependant appuyer l’intégration cohérente de tous ces projets quelles que soient leurs sources de financement dans une politique nationale décentralisée et participative. 

 – L’initiative visera aussi à donner une certaine visibilité et donc une obligation de résultats à l’aspect valorisation des ressources humaines, considérée par tous comme essentielle, mais dans les faits si peu mise en valeur dans les différentes opérations. En la positionnant comme un objectif essentiel partagé et supporté par tous avec des critères de performance précis il y aura beaucoup plus de chances de voir correctement traité les éléments de son succès. 

 – Cette initiative vise à mettre en place une série d’actions coordonnées tant au niveau national, régional, et local. Elle sera fondée sur la responsabilisation nationale régionalisée par la préparation participative de la stratégie nationale de développement économique et sociale. 

 – Au niveau identification, conception des projets de développement dans le cadre de l’INDH, l’approche basée sur le développement local s’avère la plus adaptée, il s’agit de l’établissement d’une banque de projets par douar et/ou quartier, Commune rurale, province et région. Autrement dit, l’établissement des plan de développement régionaux à la base des sous entités territoriale (douar et/ou quartier, commune rurale et province). Il s’agit des Plans de Développement Régionaux (PDR). 

 – Les PDR retraceront d’une part, à titre de programmation physique et financière, les investissements prévus dans les programmes sectoriels existants (PAGER , PERG, Santé, Education, Promotion nationale….etc), d’autres part, les projets éventuellement souhaitées pour faciliter l’intégration et les synergies, et enfin, les investissements dont le financement sera sollicité soit sur les fonds de l’INDH soit sur les Fonds de l’Etat (région, province et commune) et des bailleurs de fonds. 

 – Chaque PDR doit être Justifié sur le plan technique, économique et sociale et analyser sur le plan environnemental.

Au niveau de la gestion des PDR nous optons pour :

 – La gestion par projets 

Boutinet (1990) a formalisé la définition de la gestion par projets de la façon suivante :

La gestion par projets se veut être un mode original de gouvernement qui vise à déterminer les meilleures conditions dans l’implantation d’une innovation au sein d’un ensemble organisationnel, qu’il s’agisse d’une innovation technologique, d’une innovation comptable, d’une innovation sociale… Au lieu de faire transiter l’innovation en cause par la hiérarchie, on la confie directement à une équipe autonome, qui aura la plus large latitude pour intégrer cette innovation aux secteurs concernés de l’entreprise.

Au niveau de chacun des projets, la gestion par projets repose sur l’identification du propriétaire du projet et sur la nomination d’un gestionnaire de projets, qui est formellement responsable de la réalisation du projet. Elle repose aussi sur la mise en place d’une équipe de projet pour l’exécution des tâches à réaliser. À défaut de pouvoir créer dans le cas de chaque projet une structure autonome indépendante de la structure permanente de l’organisation, la gestion par projets fait apparaître le plus souvent une structure matricielle qui reflète l’horizontalité des projets dans la structure permanente de l’organisation.

Gérer par projets, c’est aussi prendre les dispositions pour que chacun des projets soit géré en fonction des principes généralement reconnus en gestion des projets, en mettant à contribution les méthodes et techniques modernes propres à cette discipline.

A note avis la réalisation des portefeuilles de projets dans le cadre de l’INDH passe par le recours à la gestion par projets comme mode de gestion pour piloter ces derniers.

 – Le Bureau de Projets /Cellule Nationale de Projets

Le bureau de projet peut ajouter une valeur considérable à ces PDR. Vu le nombre de projets qui seront identifiés, l’approche bureau de projets répond aux besoins et aux exigences de toutes les organisations ayant un nombre important de projets constamment en voie d’être sélectionnés, démarrés, planifiés, réalisés et clôturés.

En effet la gestion des projets dans le cadre de l’INDH force les membres des équipes des projets et leurs gestionnaires à communiquer, collaborer et prendre des décisions rapidement. L’outil Bureau de projets est la meilleure solution de faire circuler l’information stratégique ou opérationnelle sur toutes les composantes des portefeuilles des projets ainsi que sur l’état d’avancement de chaque projet.

Bahetta Youssef 
SCET-SCOM 
CDG Développement

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