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INDH… Initiative de l’Etat

 

Par : BAOUZIL Lhoussien

L’initiative nationale pour le développement humain, lancée par le souverain le 18/05/2004… s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle stratégie de développement. Les effets des programmes d’ajustements structurels sur le domaine social sont plus déterminants dans l’élaboration de cette nouvelle vision du rôle de l’Etat. Certes, on est loin des années 1960/1970 où, des stratégies d’industries industrialisantes ont été mis en place pour amorcer un processus de développement autocentré. 
Le nouveau rôle des pouvoirs publics (on utilise le terme pouvoirs publics plutôt qu’Etat pour préciser que tous les acteurs sont invités à s’impliquer dans la stratégie de développement) consiste à jouer sur la synchronisation, l’encouragement et le développement des activités génératrices de revenus. La question de l’analyse de la stratégie de l’Etat a aussi des implications politiques ; comme par exemple la montée de l’extrémisme religieux, la marginalisation… laissons aux politiciens la tache de donner plus d’explications dans ce sens. Notre analyse sera réservée à une interpellation de la théorie économique pour une compréhension globale du retour en force de l’initiative de l’Etat. Plus particulièrement, s’est à l’économie de développement qu’on fera appel pour une analyse profonde du rôle des pouvoirs publics dans la mise en place des stratégies de développement. La question d’une intervention de l’Etat ne se pose pas pour un économiste qui s’intéresse aux problèmes de développement. La question c’est plutôt de savoir comment et jusqu’au l’Etat devrait intervenir.
Les modèles de développement d’inspiration néoclassique, ont en grande partie échoué dans les pays sous-développés. La nouvelle microéconomie a remis en cause l’ambition universaliste néoclassique. La banque mondiale s’est enfin rendue compte que la question de développement ne se réduit pas à une croissance économique forte. Le dernier rapport de la même institution concernant notre pays, s’est interrogé sur la problématique de développement au Maroc. 
Le rapport se demande pourquoi la croissance économique ne décolle pas au Royaume, tandis que tous les agrégats macroéconomiques sont favorables à un tel décollage ? Il est alors intéressant à ce stade d’analyse de faire appel à un nouveau paradigme – asymétrie d’information – développé par les théoriciens de l’économie d’information, notamment par le prix Nobel 2001, J. STIGLITZ. L’asymétrie d’information devrait être le nouveau paradigme de l’analyse des marchés. L’abondant de l’hypothèse d’une information parfaite remis en cause toutes les conclusions des institutions de Bretton Woods, et par conséquent nous aide à appréhender les difficultés que rencontre l’économie nationale.

Pourquoi une initiative nationale pour le développement humain ? 
L’échec des programmes d’ajustements structurels était à l’origine depuis le début des années 1990, de la constitution des éléments théoriques (aspect économique) mais aussi politiques d’une nouvelle stratégie de développement. L’ancien paradigme des avantages comparatifs entre nations s’est dissipé avec la naissance de ce qu’on appelle communément le nouveau capitalisme. L’innovation technologique fut au cœur du nouveau système capitaliste dominé par les marchés financiers. 
Le développement spectaculaire des technologies de l’information et de communication a rendu les espaces géographiques indifférents par rapport au capital. Une abondance de main d’œuvre ou de matière première n’est plus le critère de décision d’investissement des grands groupes transnationaux. L’attractivité d’un territoire réside dans le niveau de formation et de qualification de la population active. L’Inde, et autres pays Asiatiques ont réussi une intégration dans l’économie mondiale par le biais des politiques de formation bien élaborées, mais surtout bien exécutées sur le terrain. Or dans notre système de formation, existe un écart de plus en plus important entre la décision et son exécution. 
La charte nationale pour la formation et éducation est en retard par rapport aux objectifs fixés par ses rédacteurs. Le lancement de l’INDH est à notre sens une nouvelle stratégie pour combler les lacunes du passé. L’élément humain constitue l’épine dorsale de cette stratégie. La réintégration du citoyen dans le projet de modernisation et de modernité de la société fut le garant d’une réussite certaine. Le projet sociétal piloter par le souverain se donne à travers l’INDH un nouvel horizon pour une société moderne, intégrée et solidaire. Néanmoins, les responsables chargés de la poursuite des projets sur le terrain devraient être très vigilants pour ne pas reproduire les mêmes erreurs du passé. Notamment l’existence d’un écart flagrant entre les résultats escomptés par la haute autorité du pays et les résultats réalisés sur le terrain. Aussi est-il important autant que faire ce peut d’inciter l’ensemble des acteurs de la société à bien s’impliquer pour réussir cette initiative nationale pour le développement humain. 

BAOUZIL Lhoussien 
DESA en économie 
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