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INDH : est-elle un programme classique ?

 

L’INDH a commencé dans l’ensemble des communes rurales et quartiers concernés par le grand chantier de développement humain, c’est la première fois qu’on tient compte de la composante « développement humain » comme noyau dur et locomotive de développement économique et social du pays.

En contre partie, la notion de développement humain reste assez marginale dans les projets identifiés dans le cadre de l’INDH. Une simple analyse de ces actions identifiées donnent l’impression qu’il s’agit de projets classiques qu’on a l’habitude de réaliser dans les programmes sectoriels. On se pose la question où est la composante ‘développement humain’ ?

A titre d’exemple, nous présentons quelques projets identifiés dans une commune rurale du royaume.

Année

Nature du projet

Côut du projet(Dh)

Mode de réalisation

Délais d’exécution (Mois)

2005

Construction de maison de jeunes

500.000,00

 

Par régie

4

2005

Construction de murs de clôtures des secteurs scolaires

600.000,00

Par régie

4

2006

Construction d’espace de formation et éducation

400.000,00

ONG

3

2006

Construction de salle de soins

80.000,00

Par régie

1

2005

Construction de deux classes

220.000,00

Entreprise

6

2006

Extension réseau d’eau potable

20.000,00

Entreprise

6

2006

Construction de radiers

300.000,00

Par régie

10

Total

 

2.120.000,00

 

 

A travers cet exemple, il apparaît clairement que ces projets ne sortent pas de l’ordinaire, c’est des projets classiques que nous avons l’occasion de voir dans les projets de chaque département ministériel et dans les programmes de lutte contre les effets de sécheresse. A notre avis l’INDH est une innovation permettant ainsi une redéfinition de l’approche du développement social, autrement dit l’INDH est le levier de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Dans ce sens les actions, les projets identifiés doivent être en mesure d’assurer un impact immédiat ou à court terme. Il s’agit d’actions et/où projet permettant à une population de prendre en main son propre avenir et de créer des revenus durables. Si on tient compte de la définition du développement humain, celle de F. Perroux « Le développement est la combinaison des changements mentaux et sociaux d’une population qui la rendent apte à faire croître, cumulativement et durablement, son produit réel global ». Nous croyons qu’un effort considérable doit être mis en place afin de corriger et d’orienter les projets de l’INDH dans ce sens.

En l’occurrence, le rapport de synthèse « 50 ans de développement humain & et perspectives de 2025 » était claire au niveau du volet de lutte contre la pauvreté, il met l’accent sur un point très pertinent qui est celui d’un développement humain basé et centré sur le renforcement des capacités de la population qui doit prendre elle même son développement« ……Par ailleurs, le niveau de développement humain du pays continue d’être affecté par la persistance de la pauvreté. Certes, le taux de pauvreté relative qui dépassait les 50% en 1960 a chuté à 14,2% aujourd’hui. Cependant, en raison de la croissance démographique, le nombre absolu de personnes pauvres s’est maintenu autour de 5 millions en moyenne dont prés de trois quarts sont des ruraux. Hormis des formes de générosité publics et d’aides étatiques, telles que le soutien du prix de produits alimentaires de base, la lutte systématique ; encore que ces politiques soient restées insuffisantes et peu fondées sur le principe du renforcement des capacités des personnes à se prendre elles-mêmes en charge sur la durée. Une exception à cela est à signaler : le succès manifeste du micro crédit, ouvre d’ONGs qui ont su introduire le concept et réussir son implantation. »

De ce qui précède, nous suggérons à tous les décideurs et concepteurs de projets de tenir compte de la nature des actions à proposer dans le cadre de l’INDH, il ne s’agit pas d’engager des budgets mais d’atteindre un but que tous les citoyens marocains attendent : c’est la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale dans toutes ses dimensions. Il faut éviter les actions qui rentrent dans le devoir et les attributions des départements ministériels (AEP, Ouverture et stabilisation des pistes, Electrification, école….etc.), en l’occurrence, les décideurs sont amenés a innover des actions et projets générateurs de revenus qui permettrons de garantir à toutes les « parties prenantes » les besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures « des projets de développement humain durable ».

Ce développement humain durable, ne sera réalisable que si on tient compte des besoins réels de la population dans le cadre d’une approche horizontale qui définie les attributions de chaque partenaire et les modalités d’exécutions. Ceci nous amène à la finalité de l’INDH qui se veut un développement humain assurant ainsi une amélioration du bien-être de l’ensemble de la population.

En guise de conclusion nous laissons le soin à tous les lecteurs d’en tirer les recommandations.

Par : Bahetta Youssef 
SCET-SCOM 
CDG Développement

 

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