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Etude psycho-sociale sur le phénomène de la radicalisation des jeunes au Maroc

Contexte de l’étude

L’étude est réalisée dans le cadre du projet « Radicalisme, non merci» contrat n. 369-801, lancé par
l’ONG Italienne ProgettoMondo Mlal – en partenariat avec l’Association Al Intilaka pour le Développement de l’Environnement et la Culture, l’association marocaine Amnesty International Maroc, l’ONG italienne Comitato Europeo per la Formazione e l’Agricoltura CEFA Onlus, l’AREF (Académie Régionale de
l’Education et Formation) de Tadla-Azilal (depuis 2015, Beni Mellal-Khénifra). Ce projet a comme objectif
global de contribuer au renforcement du rôle et des actions des organismes éducatifs institutionnels et de la
société civile dans la promotion d’un développement social inclusif auprès des jeunes générations. L’ objectif spécifique étant de former les intervenants des organismes éducatifs, institutionnels et la société civile,
en assurant la promotion de services innovants pour la prévention de la radicalisation et la déradicalisation
des jeunes, au niveau de la Région de Tadla-Azilal et des provinces de Khouribga, de Rabat et de Salé.

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Selon les données de la Banque mondiale, les jeunes au Maroc en 2012 représentent 30 % de la population du pays, et 10 % des jeunes de toute la région MENA3. Ces jeunes sont particulièrement touchés par
l’exclusion: 49% des jeunes Marocains ne sont ni scolarisés ni actifs ce qui conduit à une exclusion sociale
de cette catégorie pendant que le reste de la société marocaine connaît une profonde mutation, caractérisée
surtout par l’augmentation des taux d’urbanisation, la déstructuration des groupes familiaux et la désagrégation des modèles de références gérants les systèmes de valeurs et les dynamiques à l’intérieur des groupes et
envers l’entourage. La diffusion des nouvelles techniques de communication et d’information permet
d’élargir le champ de la connaissance, mais l’absence d’accompagnement, de filtrage et d’orientation et dans
un contexte de jeunes fermés sur eux même ou dans un groupe social très restreint, les NTIC risquent de se
transformer en moyen de diffusion de phénomènes radicaux servant à répondre aux besoins de contestation et de rébellion.

L’histoire contemporaine du Maroc, comme tout le reste de l’Afrique du Nord et le Moyen Orient et, a
connu plusieurs implications religieuses dans les luttes pour l’indépendance ou pour la revendication de la
justice sociale. La religion est aussi utilisée dans les discours de légitimation du pouvoir de la part des autorités et de leurs alliés. La révolution iranienne 1979, a eu un impact sur tout le monde arabo musulman, par la
diffusion des doctrines «salafistes» appelant à un retour aux sources et aux pratiques des musulmans du
premier siècle de l’islam; avec l’apparition de mouvements associatifs, politiques et syndicaux portant cette
doctrine. Dans les années 90, les conflits en Afghanistan puis en Irak ont contribué à la mystification des
personnages et des bandes prenant le titre de «princes» et agissant au nom de la sauvegarde de l’identité
musulmane en utilisant les moyens de la terreur contre tout ce qui est considéré comme «autre» (Ben Laden,
Al Qaeda …). Ce modèle d’identification et d’autolégitimation basé sur l’exclusion de soi et de l’autre, contrairement aux mouvements salafistes « classiques » n’a pas besoin de doctrines ni d’amphithéâtres, et ne
demande pas à ses membres de gravir l’échelle hiérarchique du mouvement, et par conséquent, de la socié-
té; l’adepte pourrait arriver rapidement, et en peu de temps, au rang d’ «
Amir» (prince) puis à celui de «Chahid» (martyr). Dans ce scénario, le risque d’endoctrinement est très élevé pour une jeunesse souffrant de
solitude sociale, de confusion morale et d’exclusion socio-économique. Les attentats de 2003, 2007 et 2011
au Maroc et l’implication de jeunes marocains (entre 1.500 et 2.000 personnes) dans les rangs des mouvements terroristes en Syrie, Irak et Libye, ainsi que le démantèlement de multiples cellules jihadistes au cours
de ces derniers mois, notamment dans les zones d’intervention du projet (entre Khouribga et Tadla-Azilal
et dans la région de Salé), en sont des signaux non négligeables.

 

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