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Etude de diagnostic sur la situation de l’emploi au Maroc

La croissance relativement soutenue au cours des dernières années n’a pas suffi à créer des emplois durables et productifs. Un constat s’impose pour le Gouvernement Marocain : la création d’emplois ne peut plus être considérée comme un simple effet résiduel de la croissance et des investissements dans les secteurs sociaux (santé, éducation, …). Une stratégie volontariste explicite en matière d’emploi et la mobilisation et l’engagement de tous les acteurs au-delà du seul Ministère en charge de l’emploi, est nécessaire pour atteindre les objectifs d’emplois désirés. La Stratégie de l’emploi au Maroc doit tenir compte d’un certain nombre d’atouts et de défis. Au registre des atouts, on peut notamment citer un contexte de stabilité politique et de crédibilité internationale. Il existe également un fort volontarisme politique pour faire aboutir et consolider le train des réformes structurelles, initiées depuis la fin des années 1980, et qui touchent les dimensions économique, sociale et politique. Finalement, les plans sectoriels et les grands chantiers d’infrastructure sont des atouts pour relever les défis de l’emploi. Parmi les principaux défis, on peut relever :

  • des déficits d’emploi importants en quantité (chômage élevé des jeunes urbains, travailleurs découragés, faible taux d’activité) et en qualité (emploi vulnérable, revenu faible et emploi informel en particulier pour les travailleurs non-qualifiés ; disparités de toutes sortes…), combinés à une forte pression de l’offre de travail (arrivée massive des jeunes sur le marché du travail, nouvelle politique de migration) ;
  • un système d’éducation et de formation insuffisamment adapté (par rapport aux besoins du marché du travail) et dual (public/privé), face à des besoins en compétences croissants de la part du système productif, lequel fait face à de nouvelles normes de compétitivité, avec l’ouverture économique et l’évolution des modes de consommation et des processus techniques de production en évolution continue ;
  • une forte segmentation du marché du travail avec de fortes disparités territoriales (urbain /rural et régionales) et sociales (genre, niveau d’éducation, âge) ;
  • une relative faiblesse de la gouvernance du marché du travail et de l’emploi, alors que les réformes politiques en cours visant à consolider l’Etat de droit et le processus de décentralisation nécessitent un renforcement de la gouvernance du marché du travail ;
  • une relative faiblesse du dialogue social