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Errachidia : Vers la mise en place d’une démarche territoriale de développement des oasis

 

La sauvegarde, réhabilitation et développement des espaces oasiens du Tafilalet qui constituent une zone tampon d’intérêt régional, national et international, requièrent la mise en place d’une démarche territoriale qui prenne de front l’ensemble des composantes économique, sociale et culturelle ainsi que l’adoption d’une approche participative, ont souligné unanimement les participants à une réunion consacrée à la présentation du “Programme de lutte contre la désertification et lutte contre la pauvreté par la sauvegarde et la valorisation des oasis”.

Les axes stratégiques de ce programme ambitieux ont été présentés, mardi à Errachidia, par M. Eric Mahe, coordonnateur régional du PNUD, dans le cadre d’un comité technique provincial.

M. Mahe a expliqué à ce propos que le programme de sauvegarde et de valorisation des oasis, qui se veut un projet fédérateur de toutes les synergies et qui intervient pour soutenir et accompagner les actions déjà engagées par différentes parties, ambitionne réaliser comme premier objectif spécifique le maintien d’un système d’exploitation viable et écologique, à travers une optimisation de l’utilisation des ressources hydriques, la création de valeur ajoutée économique, le renforcement des structures à la fois territoriales et associatives et la restauration de l’écologie et de l’écosystème oasien.

Elaboré par un comité de pilotage, comprenant le ministère de l’aménagement du territoire, de l’eau et de l’environnement, la région de Meknès-Tafilalet, la province d’Errachidia, l’Office de mise en valeur agricole du Tafilalet (ORMVA/TF), l’Agence de développement social (ADS), l’Institut national de recherche agronomique (INRA) avec le soutien de bailleurs de fonds internationaux (PNUD, Fonds Français pour l’environnement mondial (FFEM), le Fonds mondial pour l’environnement, la principauté de Monaco, l’ONG internationale (CARI France), le programme tend aussi à favoriser une démarche territoire oasienne valorisante, à travers la mobilisation des compétences et des acteurs autour d’activités valorisantes du patrimoine oasien, a-t-il dit.

La création d’une entité Pays (Pays des oasis du Tafilalet) qui permettrait de rassembler toutes les initiatives locales autour d’un projet de terroir s’inscrit dans cette optique, a-t-il poursuivi.

Le programme vise également à appuyer les réformes de la politique publique vis-à-vis du contexte oasien, a indiqué M. Mahe, expliquant qu’il s’agit ainsi de mettre en place, à l’échelle nationale, une vision commune pour la sauvegarde des oasis.

Présidant cette réunion, le gouverneur de la province d’Errachidia, M.

Abdellah Amimi a indiqué que le principal défi à relever en matière de réhabilitation des oasis consiste à entreprendre une action parallèle qui réconcilie entre le programme de sauvegarde et réhabilitation des milieux naturels et les besoins socio-économiques de la population oasienne.

Tout en supposant une action globale qui prenne de front l’ensemble des problèmes posés, la réhabilitation des oasis s’inscrit dans un écheveau d’interférences sectorielles, sociales et spatiales, a-t-il expliqué, avant de souligner que le pari de valorisation des oasis repose en premier lieu sur l’amélioration du cadre de vie de la population oasienne.

Pour sa part, le directeur de l’aménagement du territoire, directeur national du programme oasis, M. Boukhefa a souligné que le programme ambitionne de faire du développement durable des oasis “un vrai projet de société”, réunissant autour d’une charte, puis d’un projet “Pays”, l’ensemble des acteurs du développement.

Accompagner la volonté politique de décentralisation et de déconcentration au service d’un développement humain durable, en réalisant des applications au contexte oasien, constitue l’axe d’action institutionnelle du programme, à même de construire une réelle vision commune pour la sauvegarde des oasis, a-t-il dit, ajoutant que ce projet fort ambitieux, qui s’inscrit dans l’esprit de l’Initiative nationale pour le développement humain, repose sur une démarche territoriale, suivant une approche concertée et participative impliquant l’ensemble des départements concernés autour d’une vision commune.

Le président de l’Université Moulay Ismail de Meknès a assuré, pour sa part, la pleine adhésion de l’Université et de la faculté des sciences techniques d’Errachidia à cet effort à travers l’élaboration de recherches avancées, notamment sur la valorisation des plantes aromatiques et médicinales dont regorge la région du Tafilalet ainsi que sur la lutte contre l’ensablement et la désertification.

D’un coût global de 4,350 millions dollars, le programme de valorisation des oasis est financé par le ministère de l’aménagement du territoire, l’ADS, l’ORMVA/TF, le Haut commissariat aux eaux et forêts et lutte contre la désertification, l’INRA, le FFEM, la Principauté de Monaco, le PNUD, le conseil général de l’Hérault et CARI-association.

Le Programme de lutte contre la désertification et lutte contre la pauvreté par la sauvegarde et la valorisation des oasis intervient pour accompagner et soutenir les actions/projets déjà engagés au niveau de la région par plusieurs départements.

Il s’agit du plan d’action élaboré par le ministère du Tourisme pour le développement du tourisme rural dans les oasis et les zones présahariennes à travers la réalisation du projet Pays d’Accueil Touristique désert et oasis (PATDO). Ce plan d’action, qui constitue un axe stratégique de la nouvelle politique touristique et l’un des objectifs tracés dans le cadre de la vision 2010, se présente sous forme de mesures englobant tous les volets afférents au développement d’une filière allant de l’aménagement à la formation, de la réglementation à l’information et à la promotion du produit.

Il s’agit aussi des actions de développement agricoles et rurales dans les oasis du Tafilalet mises en oeuvre par le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Pêches maritimes.

Pilotées par l’ORMVA/TF, ces actions englobent comme axes d’intervention la mobilisation des eaux, l’amélioration des techniques d’irrigation à travers l’économie de l’eau, la lutte contre la désertification, la reconstitution et réhabilitation des palmeraies, la valorisation des productions oasiennes, la qualification du facteur humain et la promotion des investissements à forte valeur ajoutée pour la population oasienne.

Le projet de schéma directeur d’aménagement urbain (SDAU) de la vallée de Ziz, document mettant en exergue les problèmes et difficultés globales de l’aire de l’étude et proposant un projet de développement cohérent basé sur la valorisation des ressources de la région, s’inscrit également dans cette optique.

Elaboré par le ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat, le SDAU s’assigne pour objectif de coordonner les actions d’aménagement entreprises par tous les intervenants. Cette coordination s’effectue par la mise en évidence des choix et des options d’aménagements pour un développement économique et social harmonieux du territoire.

Le SDAU tend aussi à déterminer les zones nouvelles d’urbanisation et de fixer la destination générale des sols, autant qu’il tend à arrêter la programmation des différentes phases de sa mise en oeuvre ainsi que les actions prioritaires à entreprendre.

Source : (MAP)