Accueil / Non classé / Errachidia : l’Association Tangarfa pour le développement s’investit dans le tourisme solidaire

Errachidia : l’Association Tangarfa pour le développement s’investit dans le tourisme solidaire

 

Un programme d’activités socio culturelle et éco-touristique a été organisé dans l’oasis de Ferkla du 1er au 4 avril 2010 à l’initiative de l’Association Tangarfa pour le développement et le Club Atlas de Randonnées pédestres (CARP / site Internet : www.carp.com). Le groupe du CARP venu découvrir les oasis séculaires du Sud-Est marocain est constitué d’enseignants universitaires (Institut Agronomique et vétérinaire Hassan II, Ecole Mohamadia des ingénieurs et l’Université Mohamed V de Rabat), des médecins et des acteurs du secteur privé basés à Rabat et Casablanca.

Arrivés en fin d’après-midi à Tinjdad, les « Carpistes » ont été reçu par le président et quelques membres du conseil d’administration de l’association Tangarfa avant de se diriger vers le village de Tighfarte où se trouve le siège de ladite association. La soirée de la première journée de cette visite a connu la présentation de la région de Tinjdad, du système de production oasien et des activités de l’association Tangarfa par son président Mohamed Zeddouk. Un débat autour d’un thé s’en est suivi, avant de manger un couscous aux légumes produits localement par les agriculteurs du village.

La 2ème journée a été consacré à une randonnée pédestre à laquelle ont pris part une trentaine de personnes dont quinze femmes. Une visite guidée par un notable du village a permis aux randonneurs de découvrir et de comprendre quelques notions concernant les structures sociales et le mode de vie des familles patriarcales du Douar Tighfarte. Les participants à cette traversée hors des sentiers battus, dans un milieu naturel riche en faune et flore, ont pris le départ du Douar Gardmite où une partie du film « Alaatach » a été tournée il y a quelques années.

Encadrés et accompagnés par des membres de l’association Tangarfa, les randonneurs ont pu parcourir le long de la journée une trentaine de kilomètres à travers un circuit en boucle. Epuisée en fin de journée par la marche, Meriem, de Rabat, me signala qu’elle était vraiment impressionnée par les paysages retirés et magnifiques aux proportions inattendues et aux couleurs noyées par le soleil et éclatantes au soleil levant et couchant

En traversant les petites oasis de la région de Ferkla, des arrêts thématiques ont permis aux Carpistes de bien comprendre l’agriculture oasienne et de s’enquérir de l’importance des interventions de l’ORMVA du Tafilalet en matière d’encadrement des paysans de mobilisation de l’eau d’irrigation et de réalisation d’ouvrages hydro-agricoles. Les marcheurs se sont rendus aussi à la Zaouia de Sidi Elhouari (Zaouia Derkaouia) qui a joué à travers l’histoire un rôle capital dans la gestion des conflits dans la région. Des explications sur son fonctionnement ont été évoquées sur place par son responsable.

Dans une ambiance très conviviale, les randonneurs ont cassé la croûte de midi au cœur de l’oasis d’Ait ben Omar dans un paysage verdoyant où régnait l’odeur et le parfum émanant de plantes en pleine floraison en cette belle journée printanière. Sous l’ombre des amandiers, en écoutant les chants des oiseaux et en dégustant un thé bouillant préparé sur place avec de la menthe de l’oasis, Elisabeth, de Rabat, me rassura : elle se réjouissait vraiment de ce moment agréable de partage et d’échanges. Et d’ajouter : « Quel plaisir d’être au contact des habitants des oasis ; leur hospitalité nous allait droit au cœur ».

Des visites commentées ont été également effectuées au niveau de la Khettara de Tighfarte et d’un périmètre de lutte contre l’ensablement de la palmeraie d’Ait Ben Omar. Mohamed Ouhari, élu local, a accompagné en fin de journée les randonneurs dans la visite du chantier de réhabilitation du Douar Asrir par le groupe Alomrane qui met en œuvre un grand programme de conservation du patrimoine architecturel local à travers la réhabilitation des Ksours dans la région de Tafilalet. La kasbah du Caid Moh et le quartier juif Elmellah ont été également visités au niveau de ce douar. Selon une personne âgée, plus de 400 juifs amazighs vivaient dans le Douar en cohabitation avec les musulmans avant de quitter le Royaume en 1967.

Outre la découverte d’un terroir aux biotopes variés et d’un patrimoine culturel vivant, les « Carpistes » ont participé pendant la troisième journée de leur séjour dans la région à la mise en œuvre d’une activité sociale et humanitaire à travers la réalisation d’une caravane médicale au niveau du village de Tighfarte ; elle a permis la consultation d’environ 200 personnes et la distribution d’une quantité importante de médicaments. Au cours de cette journée, 800 têtes ovines ont fait également l’objet dune opération de traitement anti-parasitaire dont l’exécution a été assurée par des techniciens du service d’élevage de l’ORMVA du Tafilalet. Les gorges de Todgha et son relief escarpé a été bien apprécié par les visiteurs de la région de Tinjdad.

Les populations du village, notamment les femmes, ont bénéficié des retombées économiques directes de cette activité touristique réalisée par l’association Tangarfa à travers la vente de pâtes de dattes, de couscous et quelques produits d’artisanat domestique. De même, les habitants ayant reçu les « Carpistes » ont perçu directement le paiement des frais de séjours qui seront réinjectés dans l’économie locale.

Ces apports économiques aux populations locales, selon Mme Wafae Belhabib, présidente du CARP, figurent parmi les objectifs du club dont les membres partagent la même conviction que le tourisme solidaire peut être un facteur de développement durable pour les communautés rurales du Royaume.

Errachidia, le 4 avril 2010 Hrou ABOUCHRIF Association ADRAR [email protected]