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Enfance : Plus de 9000 affaires de mauvais traitements examinées en 2007

 

Pas moins de 9.093 affaires de mauvais traitement et de violence à l’égard des enfants, ont été examinées en 2007 par les juridictions du Royaume. Un chiffre en forte hausse par rapport à l’année 2006. Selon Nouzha Skalli, ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité, 6.298 dossiers ont été examinés en 2006, soit une augmentation de plus de 44%.

Deux unités qui prennent en charge les enfants victimes de violence existent déjà à Casablanca et à Marrakech. « Nous venons de restaurer l’unité de protection de l’enfance de Casablanca », indique Mme Skalli. Dans le cadre de la protection de l’enfance, une loi fixant les conditions d’ouverture et de gestion des établissements de protection a été adoptée. En outre, un projet de décret relatif à la création de centres de protection de l’enfance est en cours d’élaboration.

Pour enrayer le fléau, le ministère du Développement social, de la Famille et de la Solidarité a élaboré toute une stratégie. Des consultations sont en cours avec plusieurs intervenants et représentants de la société civile pour la mise en place d’un cadre juridique qui sera en mesure d’alourdir les peines des auteurs de violences sexuelles à l’égard des enfants. A noter que des programmes nationaux de protection des enfants sont déjà en place tel que le programme « Inqad » qui vise à lutter contre l’exploitation des petites bonnes ou « Idmaj » qui a pour but de réinsérer les enfants des rues. Le Maroc dispose également d’un plan d’action nationale pour l’enfance 2006-2015, baptisé « Un Maroc digne de ses enfants » qui s’articule autour de quatre axes majeurs à savoir le droit à la vie saine, le droit à une éducation de qualité, la protection des enfants contre les mauvais traitements ainsi que la lutte contre le sida. Le rapport d’évaluation du plan d’action national pour l’enfant « Maroc digne de ses enfants » a fait l’objet d’un examen. Des avancées positives ont été relevées. Dans le domaine de la santé, il a été procédé à la mise en place d’une stratégie de communication et d’éducation ainsi qu’à la dynamisation du plan d’action national relatif à la couverture médicale et à l’élaboration du guide de la prise en charge médicale des femmes et enfants victimes de violence et de mauvais traitement.

Sur le plan de l’enseignement, il a été question de réviser les programmes scolaires dans le sens de promouvoir les valeurs de citoyenneté et de mettre en œuvre un programme de lutte contre la déperdition scolaire. A ce sujet, Mme Skalli a estimé que d’importantes étapes ont été franchies vers la concrétisation de l’objectif de généralisation de la scolarisation au niveau national, avec un taux de scolarisation en 2007 établi à 94 % dans le primaire.

Au niveau de la participation, 12 conseils municipaux de l’enfant ont été créés et 17 sessions régionales du Parlement de l’enfant ont été tenues. Autre phénomène alarmant, la mendicité par le recours aux enfants.

L’enquête nationale sur la mendicité qui avait été réalisée par le ministère du Développement social, de la Famille et de la Solidarité en 2007, avait relevé l’existence de 195.000 mendiants dont 62,4% sont des mendiants professionnels organisés dans des réseaux exploitant les enfants et les personnes aux besoins spécifiques. « Il y a une mendicité professionnelle qui exploite les enfants. Il faut réprimer le fléau en ayant recours au pénal », affirme Mme Skalli. La lutte contre la mendicité a d’ailleurs fait l’objet d’une stratégie qui s’articule autour de plusieurs axes. Outre la répression conformément au droit pénal, il y a lieu de relever la réinsertion dans les familles ou des institutions de protection sociale ainsi que la sensibilisation des citoyens à travers des campagnes. « La mendicité porte atteinte à la dignité des gens qui la pratique et non seulement à l’image du pays », déplore la ministre.

Le programme de lutte contre la mendicité a déjà été lancé dans trois villes du Royaume à savoir Casablanca, Rabat et Fès. L’objectif étant d’inciter la solidarité et de mettre en garde contre l’encouragement de cette pratique.

Source : Aujourd’hui au Maroc

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