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Eau : Un « don du ciel » à économiser et gérer de manière rationnelle

L’eau est un élément vital qui mérite d’être mieux rationaliser car, avant tout, le corps humain est composé de 70% d’eau. Par ailleurs, c’est un bien commun qui a besoin d’être protégé contre les effets pervers de la pollution, car 80% des maladies enregistrées dans les pays en voie de développement, sont manifestement liées à la contamination de cette ressource. Au Maroc, les réserves de ce « don du ciel » sont précieuses et très limitées. Elles sont estimées à 17 Milliards de m3 dont 13 Milliards de m3 d’eau superficielle, et 4 Milliards de m3 d’eau souterraine. La gestion rationnelle et durable de ces ressources naturelles au Maroc nécessite des interventions à différents niveaux :

-Economie d’eau :

Le constat est là. Le domaine agricole au Maroc consomme environ 80 % des réserves d’eau. Il est donc clair, la politique agricole est censée d’œuvrer vers la promotion des systèmes d’irrigation plus performants et plus économiques, en l’occurrence l’irrigation à la goutte à goutte. Pour les usages domestiques et industriels, et pour contenir la surexploitation des eaux potables, nous proposons une politique de sensibilisation et d’éducation relative à la gestion de cette ressource. Dans ce sens, il va falloir mobiliser tous les acteurs, les médias, les éducateurs, et programmer des actions de sensibilisation (journées de formations, débats, compagnes de sensibilisation, forums..). Evidemment, le succès de l’opération exige la coordination et le partenariat entre les usagers de l’eau, les sociétés déléguées, les agences de bassins, les associations thématiques ainsi que les administrations centrales et régionales.

-Protection de l’eau contre la pollution :

La qualité des eaux est souvent altérée par des phénomènes de pollution anthropique. Celle-ci peut être d’origine domestique (eaux usées ménagères chargées de substances indésirables comme la matière organique, détergents et solvants), industrielle (substances organiques et métaux lourds) ou agricole (engrais, insecticides et herbicides). 93 % de ces produits sont évacués, soit par les eaux de ruissellement dans les eaux de surface (mer, rivière), ou encore entrainés par les eaux d’infiltration dans les nappes phréatiques. En conséquence, ces polluants vont porter atteinte tant à la santé publique qu’aux réserves halieutiques. Un autre problème qu’il faut soulever est celui du devenir des eaux d’infiltration qui s’écoulent à travers les déchets solides enfouis dans les décharges sauvages. Ces eaux, qui se chargent en matières nuisibles tant organiques que minérales, sont connues sous le nom de lixiviats. Ces derniers, peuvent polluer tant les eaux souterraines (cas de la décharge de Médiouna, Casablanca) que les eaux de surface (cas de la décharge de Mohammedia).

En résumé, pour se débarrasser des produits indésirables et réduire les risques de pollution des ressources hydriques, les décideurs doivent recourir à la réutilisation des eaux usées (le taux d’épuration des eaux usées ne dépasse pas actuellement 7%), la création des décharges contrôlées, et la rationalisation et l’optimisation des engrais et pesticides.

  •   La généralisation de l’accès à l’eau potable Les nécessités de développement rural exige la généralisation de l’’accès à l’eau potable. Aujourd’hui la disserte en eau potable en zones urbaines est en dessous de 50%.

-Traitement des eaux

La potabilité des eaux répond à des critères d’ordre physique (T°, couleur, turbidité, PH), chimique (fer, manganèse, nitrates…) et bactériologique (germes, parasites..). Pour chaque élément de la composition de l’eau est déterminée une limite de qualité qui fixe la qualité supérieure à ne pas dépasser. Cette limite de qualité est traduite par la concentration maximale admissible. Dans les procédés de traitement, une eau potable passe successivement par les étapes suivantes : le dégrillage, la filtration, la désinfection, la coagulation-floculation, la flottation et la décantation. Or la question est la suivante : L’eau que consomme le citoyen marocain est-elle potable ?. Certes, beaucoup d’efforts ont été déployés par les concessionnaires en matière de contrôle de qualité des eaux dans les réseaux de distribution. Mais, il faut avouer que dans le monde rural, et faute de la non généralisation de l’accès à l’eau potable, les riverains des fleuves (cas d’Oum R’bia par exemple) consomme encore de l’eau courante sans aucun traitement au préalable.

En conclusion, l’eau est une ressource naturelle qu’il faut mobiliser davantage pour satisfaire nos besoins, la protéger contre toutes les formes de pollution pour notre bien être, et la gérer de manière rationnelle.

ZAHOUR G. Laboratoire de Géochimie, Géologie Appliquée et Environnement, Faculté des Sciences Ben M’Sik,Casablanca E-mail : [email protected]