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Développement humain, les pistes du CESE pour tirer le monde rural du marasme

Le Conseil économique social et environnemental (CESE) estime que «les nouvelles mutations qu’a connues la campagne marocaine requièrent un changement de paradigme et d’approches pour qu’ils soient plus centrés sur l’humain. Le Conseil appelle ainsi à l’élaboration d’une nouvelle vision nationale, à l’horizon de 2030 puis 2050, pour le développement du monde rural et des zones de montagne.

Dans son dernier rapport, présenté jeudi aux membres réunis à l’occasion de la 70e session ordinaire, le Conseil économique social et environnemental a été on ne peut plus clair en affirmant que «l’impact des programmes et projets de développement en milieu rural demeure en deçà des attentes et des besoins des populations, et ce malgré les avancées enregistrées». Le constat du CESE est sans équivoque. Le milieu rural patauge dans de nombreux dysfonctionnements : faiblesse et insuffisance des infrastructures, enclavement, faible accès aux services de base, marginalisation et inégalités sociales. À cela s’ajoutent bien évidemment la pauvreté et la précarité. Selon les données du Haut-Commissariat au Plan, 79,4% des personnes pauvres et 64% des personnes vulnérables vivent dans le monde rural.

Ces défaillances persistent, malgré les mesures prises et les chantiers ouverts pour la mise à niveau du monde rural, par des interventions accomplies de manière inéquitable sur les différents territoires du pays, faute d’une vision d’ensemble et parce que le souci du développement rural est relégué au dernier rang des priorités et des préoccupations des acteurs concernés par les affaires du monde rural, précise le rapport. Pour le CESE, le développement humain continue de se faire à deux vitesses et les progrès sectoriels enregistrés sont constamment meilleurs en milieu urbain.

Pour remédier à la situation, le CESE estime que «les nouvelles mutations qu’a connues la campagne marocaine requièrent un changement de paradigme et d’approches pour qu’ils soient plus centrés sur l’humain, que le rural ne doit plus être confondu avec l’agricole et qu’on ne doive plus considérer les infrastructures et les différents services sociaux, économiques et environnementaux comme des finalités en soi, mais comme des moyens dont la mesure de l’impact sur l’humain et le développement des populations du monde rural est le seul indicateur de réussite des programmes et projets mis en œuvre».
Pour ce changement de vision, le CESE plaide en faveur de l’innovation et de l’approche participative.

Un «développement du monde rural basé sur des démarches innovantes et participatives des acteurs concernés». Sur le plan stratégique, le CESE appelle à l’élaboration d’une nouvelle vision nationale, à l’horizon de 2030 puis 2050, pour le développement du monde rural et des zones de montagne, incorporant le plan humain, économique, social, environnemental et culturel. Il recommande ainsi l’adoption d’une loi-cadre relative au développement du monde rural et la mise en place d’une entité dédiée au développement du monde rural et des zones de montagne. Il appelle également à la reconsidération des modes d’affectation, de gestion et de motivation des ressources humaines des différentes administrations et du secteur privé. Au niveau opérationnel, le rapport recommande de garantir un meilleur accès des populations rurales aux services sociaux et aux infrastructures, de conforter le dynamisme de l’économie rurale et de protéger et valoriser les ressources naturelles.

Source : lematin.ma

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