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Des données pour le développement

 

Dans les régions du monde où les systèmes de santé fonctionnent correctement, les nouveau-nés sont, à leur naissance, immédiatement pesés et mesurés. Leur poids et leur taille sont fréquemment enregistrés durant leur première année et continuent par la suite à être mesurés chaque année. Le but étant d’identifier, avant qu’ils ne s’aggravent, des problèmes potentiels chez l’enfant.

Les nourrissons ne sont pas les seuls à mériter une surveillance et un suivi aussi attentifs.La nécessité de garder un œil avisé sur l’état de santé des systèmes en général relève de la même logique. La demande pressante de bonne gouvernance dans le monde arabe aujourd’hui nous en fournit un bon exemple. Mais pour pouvoir formuler les bonnes réponses à cette demande, il est indispensable de recueillir et publier des données détaillées en temps voulu. De nombreux types de données peuvent servir à orienter les décisions politiques.

Les enquêtes auprès des ménages, qui constituent une source complète de données sur les revenus des foyers et leur consommation, permettent aux gouvernements d’établir des seuils de pauvreté nationaux et de développer des filets de sécurité ciblés et efficaces. Les informations obtenues à partir de ces enquêtes serviront par exemple à déterminer qui seront les bénéficiaires de telle ou telle subvention spécifique, de sorte que l’aide profite aux personnes qui en ont réellement besoin.

De même, les enquêtes sur la population active permettent de suivre plus facilement l’évolution du marché de l’emploi et fournissent des données importantes sur sa flexibilité, telles que les mouvements de la main d’œuvre et les périodes de chômage. Les enquêtes menées auprès des entreprises offrent quant à elles des informations sur la santé du secteur privé et les obstacles à la croissance – taxes, réglementations, corruption, compétences des employés, etc. Les enquêtes industrielles portant sur l’ensemble des sociétés permettent de mesurer la compétitivité de l’entreprise et de comprendre la structure du secteur privé.

Enfin, les données concernant les transactions douanières, récemment utilisées dans un certain nombre d’études sur le commerce, permettent aux décideurs politiques de déterminer si la faiblesse des exportations est due à l’incapacité des entreprises à développer de nouveaux produits et survivre sur de nouveaux marchés, au faible taux de pénétration de leurs exportations ou à la faible croissance des entreprises.

Disposer de données en quantité et de qualité permet aussi de promouvoir l’investissement tout en dissipant les idées fausses. Par exemple, il est généralement bien connu que la participation de la main d’œuvre féminine est faible au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (en dessous de 30 % dans la plupart des pays de la région) et que le taux de chômage féminin y est élevé (plus de 15 % dans la majorité des pays). Il est moins connu, en revanche, que l’écart entre filles et garçons dans l’accès à l’instruction a disparu. Le ratio filles/garçons dépasse de loin 90 % aussi bien dans le cycle primaire que dans le secondaire, ce qui correspond en gros aux moyennes enregistrées dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Qui plus est, dans la plupart des pays de la région, les femmes sont aujourd’hui plus nombreuses que les hommes dans l’enseignement supérieur (voir le Rapport en anglais).

Améliorer la gouvernance dans le monde arabe exige d’intensifier les efforts pour collecter les données et les rendre accessibles au public. Commencer par publier les données disponibles sur les ménages, la population active et les entreprises pourrait représenter une tâche relativement simple à mettre en œuvre, et surtout un premier pas essentiel dans la volonté de montrer plus de transparence dans la gouvernance.

Ce qui ne peut pas être mesuré ne peut pas être diagnostiqué ni amélioré

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