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Depuis mardi 19 août, l’humanité creuse sa dette écologique

En moins de huit mois, l’humanité a consommé l’intégralité des ressources naturelles que la planète peut produire en une année, selon l’organisation non gouvernementale Global Footprint Network. Aujourd’hui, mardi 19 août marque le point de bascule pour 2014 : désormais, nous vivons à crédit, notre consommation de ressources puise dans les stocks et augmente le dioxyde de carbone de l’atmosphère. L’accumulation des gaz à effet de serre est en effet plus rapide que la capacité d’absorption des forêts et des océans. Selon les calculs de l’ONG, notre demande équivaut désormais à plus d’une fois et demi la capacité de la Terre. Un besoin de deux planètes avant le milieu du siècle Si les projections des Nations unies sur la croissance de la population et de la consommation s’avèrent exactes, nos besoins exigeront la capacité de deux planètes avant le milieu du siècle, d’après le Global Footprint Network. « En 1961, nous n’utilisions encore que les trois-quarts de la capacité régénératrice de la Terre pour satisfaire notre consommation annuelle de ressources« , réagit le WWF. C’est au milieu des années 70 que nous avons commencé à creuser notre dette écologique : la consommation mondiale a alors dépassé ce que la planète pouvait produire. Cette surexploitation de ressources naturelles découle de quatre facteurs principaux, selon le Global Footprint Network : de ce que nous consommons, de l’efficacité avec laquelle les produits sont fabriqués, de la population mondiale et de la capacité de production de la nature. « L’amélioration des technologies ont permis d’augmenter la productivité biologique au cours des années, mais celle-ci peine à suivre le rythme avec lequel la population et la demande de ressources croissent« , développe l’ONG. C’est ainsi que désormais 72% de la population vivent dans des pays qui surexploitent la biocapacité (dont la France, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie, le Japon, les Etats-Unis, la Grèce, le Danemark, la Suisse, le Qatar et les Émirats arabes unis). Il faudrait ainsi 1,6 France pour répondre aux besoins des Français, 1,9 Etats-Unis pour les Américains, 2,5 Allemagne pour les Allemands, 3,3 Royaume-Uni pour les Britanniques, 3,1 Grèce pour les Grecs, 4,3 Suisse pour les Suisses, 4,4 Italie pour les Italiens, 7 Japon pour les Japonais et 12,3 Émirats arabes unis pour les Emiriens. Seulement 14% continuent de disposer d’une biocapacité plus importante que leur empreinte écologique (notamment le Brésil, la Finlande, le Canada et l’Australie). Les émissions de carbone représentent 50% de l’empreinte écologique Aujourd’hui, les émissions de carbone représentent plus de la moitié de l’empreinte écologique totale de l’humanité. Elles correspondent également à la croissance la plus rapide de l’empreinte. « Depuis 1970, notre empreinte carbone total a plus que triplé« , souligne le Global Footprint Network. Conçu par Andrew Simms du think tank britannique « New Economics Foundation », le concept du « jour du dépassement » repose sur le calcul suivant : la division de la biocapacité mondiale (les ressources écologiques que la Terre est capable de générer en un an) par l’empreinte écologique mondiale (la demande annuelle de l’humanité), multipliée ensuite par le nombre de jours dans une année (365). « Il n’est pas possible de déterminer avec une exactitude parfaite le jour auquel l’humanité dépasse le budget écologique de la planète, modère le Global Footprint Network, il est généré à partir de données agrégées par pays« . Si la date du jour du dépassement varie selon les années (le 20 août l’année dernière, le 22 août en 2012, le 27 septembre en 2011, le 21 août en 2010  et le 25 septembre en 2009), la tendance est toutefois dirigée vers une accélération de la surconsommation.

   
   

« Même si les chiffres montrent clairement que la demande en ressources de l’humanité dépasse la capacité de notre planète à les produire, nous pouvons encore prendre des mesures audacieuses et construire un avenir prospère, fondé sur l’utilisation durable des ressources. Mais il faut agir dès maintenant« , estime dans un communiqué Diane Simiu, Directrice des Programmes de Conservation du WWF France.   Source

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