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Déclaration concernant la situation des travailleurs migrants et des membres de leur famille en Libye

 

Le Comité pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, agissant en vertu de son mandat d’examiner la mise en œuvre de la Convention, est alarmé par la situation de conflit armé et par les répressions violentes qui ont suivi la révolte populaire, qui perdure depuis février 2011 dans la Jamahiriya arabe libyenne, et par les conséquences désastreuses de cette situation pour la jouissance par les travailleurs migrants et les membres de leur famille de leurs droits civils et politiques ainsi que leurs droits économiques, sociaux et culturels.

Le Comité est profondément préoccupé par la recrudescence des atteintes au droit à la vie, des actes de violence, y compris les violences sexuelles, ainsi que de discrimination et des détentions arbitraires dont sont victimes les travailleurs migrants et les membres de leur famille en Libye, en particulier des africains sub-sahariens.

Le Comité est également préoccupé par les difficultés que les travailleurs migrants et les membres de leur famille rencontrent pour quitter la Libye, y compris lorsqu’ils souhaitent regagner leur pays d’origine ou obtenir un asile en vue de se mettre à l’abri des violations et menaces dont ils sont victimes. Dans ce contexte, le Comité s’inquiète des interceptions dangereuses de migrants en mer et aux frontières.

Le Comité est particulièrement attristé par le récent naufrage sur les côtes sud de l’Italie de plus de deux cents personnes qui ont trouvé la mort ou sont portées disparues, y compris des Erythréens, des Ivoiriens et des Somaliens, dont plusieurs femmes et enfants, qui partaient de la Libye par bateau et essayaient de joindre l’île italienne de Lampedusa.

Le Comité est particulièrement alarmé par la situation humanitaire des milliers de travailleurs migrants qui se trouvent sans abri ou dans des centres de transit surpeuplés et qui manquent d’accès à des services de base tels que l’eau potable, une alimentation suffisante et des soins de santé primaires.

Le Comité exhorte toutes les parties belligérantes engagées dans le conflit armé en Libye, notamment les autorités libyennes, à respecter leurs obligations en vertu du droit international des droits de l’homme et plus particulièrement les dispositions de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et les membres de leur famille, en veillant au respect strict du droit à la vie et à la liberté de mouvement des migrants et en facilitant le départ pacifique de ceux qui souhaitent quitter le pays.

Tout en reconnaissant les efforts déployés par de nombreux Etats, y inclus des Etats d’origine, pour assurer le retour dans des conditions sûres des migrants de la Libye, le Comité appelle la communauté internationale à porter assistance, notamment sur les plans économique et technique, aux travailleurs migrants et aux membres de leur famille affectés par la situation en Libye. Il invite les Etats concernés, y compris les Etats frontaliers, à prendre toutes les mesures nécessaires pour réserver aux travailleurs migrants et aux membres de leur famille fuyant la Libye, en transit ou demandeurs d’asile, un accueil respectueux de la dignité humaine et conforme aux principes des droits de l’homme et du droit international humanitaire.

Le Comité demande le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, en collaboration avec les organes compétents, notamment le Haut Commissariat aux droits de l’homme (HCDH), le Haut Commissariat aux Réfugies (HCR), l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et l’Organisation Internationale du Travail (BIT) ainsi que les organisations régionales, de mobiliser tous les moyens disponibles et à entreprendre toutes actions appropriées et nécessaires pour faire cesser les violations des droits de l’homme et à garantir le respect des droits de tous les travailleurs migrants et les membres de leur famille vivant en Libye ou fuyant de ce pays.

La Libye a accédé à la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et les membres de leur famille le 18 juin 2004.

 

164ème réunion 8 avril 2011

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