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Coopératives, associations, mutuelles, trop de boulets, pas de rendement et Inadaptation du cadre institutionnel

 

Coopératives, associations, mutuelles

Trop de boulets, pas de rendement

• Inadaptation du cadre institutionnel

• Un plan quinquennal de réformes fin prêt

• Un salon dédié prévu pour mai 2008

Un peu plus de 7 milliards de DH. C’est le chiffre d’affaires que génèrent les quelque 5.749 coopératives en activité au Maroc, selon une étude commanditée par le ministère des Affaires économiques et générales (MAEG). Tout au plus, une contribution de 1% au PIB. Une broutille, au regard de la participation de ces organismes de 4% au PIB français, ou au vu de leur poids dans l’économie canadienne 8 fois plus important qu’au Maroc.

Le constat est encore plus affligeant en termes de contribution à l’emploi. Au moment où 16 à 17% de la population active est employée dans des coopératives au Canada et en France, au Maroc seul 0,25% des emplois sont procurés par les coopératives.

La situation n’est guère plus reluisante pour ce qui est des associations. Des statistiques approximatives font état de 50.000 associations en exercice au Maroc auxquelles s’ajoutent 150 reconnues d’utilité publique. Celles-ci emploient 80.000 personnes contre plus d’un million au Canada et en France. Côté chiffre d’affaires, il n’y a même pas lieu de comparer. 240 millions de dollars (1,73 milliard de DH) de volume d’affaires sont générés annuellement par le secteur associatif marocain contre plus de 47 milliards d’euros (540 milliards de DH) en France.

  • Un secteur à ses balbutiements

Il n’y a pas à dire, le Maroc accuse un retard important. Pourtant, le potentiel économique des organisations à vocation sociale est non négligeable. Les tenants de la très sérieuse branche d’économie sociale n’ont cesse de le rappeler.

Mais qu’est-ce qui explique le retard marocain ? L’économie sociale institutionnalisée est récente au Maroc, elle a émergé sous l’impulsion des pouvoirs publics pour faire face à des déficits sociaux et économiques dans certains secteurs d’activités, tels que l’agriculture, souligne le rapport du MAEG. Plus récemment, on y a eu recours pour permettre aux populations l’accès aux services de base et pour lutter contre la pauvreté, la précarité et le chômage.

Néanmoins, « l’environnement institutionnel des entreprises de l’économie sociale reste complexe », tempère le rapport. La multiplicité des institutions dont les missions se chevauchent, leur manque de coordination et l’absence d’intégration de leurs différents programmes entravent le développement de l’économie sociale. « Ce qui limite l’impact de l’action publique pour favoriser le secteur », fait observer le rapport.

Pour y remédier, le MAEG compte agir sur plusieurs fronts. De la réglementation à la restructuration, en passant par la communication, le département de Barakat multiplie les pistes d’amélioration. Dans le cadre de la programmation, 16 plans régionaux de développement de l’économie sociale ont été élaborés, dont 4 sont en cours d’étude. Des études pour la mise en place d’un observatoire dédié, sont également en cours.

Sur le volet de la réglementation, un projet de loi sur la réforme du secteur coopératif est l’étude. Des projets de charte de l’économie sociale, de plateforme pour le commerce équitable, d’instances de médiation et de procédures de régulation sont également à l’ordre du jour. Sur le volet de la communication, le premier salon national de l’économie sociale devrait se tenir en mai 2008. A plus grande échelle, une stratégie de communication pour tout le secteur est en phase d’élaboration.

Et pour favoriser l’échange de bonnes pratiques, une coopération a été initiée, entre autres, avec le Parlement européen et l’université John Hopkins.

Plus globalement, c’est d’une restructuration du mouvement coopératif dont il est question. Cet objectif se déclinant par le développement d’unions régionales et sectorielles et la mise à niveau des unions existantes.

L’ensemble de ce programme devrait s’étaler sur un horizon de 5 ans, de 2008 à 2012, avec pour ambition de faire de l’économie sociale « un secteur économique à part entière », explique Abdelmounaim Guessous, directeur de l’économie sociale au département de même nom, rattaché à la Primature.

  • L’économie sociale

Mais que recouvre l’appellation économie sociale au juste ? Il s’agit « d’initiatives économiques à finalité sociale qui participent à la construction d’une nouvelle façon de vivre et de penser l’économie. Elles placent la personne humaine au centre du développement économique et social ». Définition arrêtée lors de la 2e rencontre sur la globalisation de la solidarité au Québec, en 2001. Mais attention, il ne s’agit pas que de caritatif.

Sont dites organismes d’économie sociale, les coopératives, associations, mutuelles et plus généralement toute organisation ayant un objectif similaire permettant le groupement de moyens de production au service de ses membres dans le respect des principes généraux de l’économie sociale.

  • Quels sont donc ces principes ?

Il s’agit avant tout d’une activité au service des membres et/ou de la collectivité, mais dont les bénéfices dégagés sont réinvestis au lieu de rémunérer les actionnaires. Autre condition de base, l’autonomie de gestion. Ce qui exclut les entreprises publiques. Enfin, tout actionnaire ne peut disposer que d’une seule voix, ce qui répartit le pouvoir de décision de manière démocratique.

  • Que recouvre l’économie sociale ?

Trois types d’organismes répondent à l’appellation économie sociale.

La coopérative : il s’agit d’un groupement de personnes physiques qui conviennent de se réunir pour créer une entreprise chargée de fournir le produit ou le service dont ils ont besoin pour faire fonctionner la structure et la gérer.

L’association : définie comme une convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun, d’une façon permanente, leurs connaissances ou leurs activités dans un but autre que de partager des bénéfices. La Mutuelle : il s’agit d’un groupement à but non lucratif, qui, au moyen des cotisations de ses membres, se propose de mener, dans l’intérêt de ceux-ci ou de leur famille, une action de prévoyance, de solidarité et d’entraide tendant à la couverture de risques.

(Source : journal l’économiste)