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Atelier sur la valorisation des Plantes Aromatiques et Médicinales :Stratégie nationale commune

 

 

L’atelier a été organisé par le projet Partenariats Agricoles pour la Productivité et la Prospérité (AP 3) financé par l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID), le 19/12/2006, à Rabat. 

Il a regroupé une centaine de participants représentant les Administrations, les établissements d’enseignement et de recherche, le secteur privé, les ONGs, les bailleurs de fonds et les organismes internationaux.

Le programme a comporté une séance plénière et des travaux de trois groupes thématiques : (i) Commercialisation-Investissement- Information, (ii) Préservation des ressources naturelles – Certification, (iii) Organisation de la filière.

 

Les recommandations issues des différents groupes et validées en séance plénière sont synthétisées comme suit : 

  1. Investissement et production :

Elaborer un diagnostic approfondi du patrimoine naturel (inventaire et cartographie), du potentiel de production existants et des conditions socioéconomiques de son exploitation ;

Définir de manière plus précise les conditions de préservation, de conservation (conservatoire in-situ et ex-situ, banque de gènes) et de valorisation des PAM ;

Etudier les conditions de leur domestication, particulièrement pour celles à grande valeur ajoutée et menacées, ainsi que celles qui pourraient être introduites ;

Encourager la réalisation des études de faisabilité sur les possibilités d’investissement, en orientant les investisseurs vers des produits à forte valeur ajoutée, destinés aussi bien au marché intérieur qu’à l’export ;

  2. Commercialisation :

Engager une étude approfondie sur la situation actuelle de la commercialisation et sur la demande potentielle, aussi bien pour le marché intérieur que pour l’export ;

Développer une organisation des circuits de commercialisation, en instituant notamment une mercuriale des prix pour informer l’ensemble des intervenants ;

Diversifier et améliorer la qualité des produits et de leur conditionnement ;

Instituer un système de normes et de standards, au niveau de toute la filière, en harmonie avec les exigences du marché international (codex PAM) ;

Encourager le système de certification et de labellisation à travers l’encadrement technique et le soutien financier ;

Développer une stratégie de marketing permettant de valoriser au mieux les produits sur les marchés national et international, de répartir les revenues dans le cadre du commerce équitable et de rémunérer à sa juste valeur la matière première.

  3. Recherche, formation et sensibilisation :

Capitaliser, renforcer et intégrer les activités de recherche&développement au niveau de tous les segments de la filière ;

Pallier l’insuffisance de l’information en développant une stratégie scientifiquement conçue, couvrant l’ensemble des produits et intéressant l’ensemble des intervenants. Cette stratégie devant reposer sur la démarche SCALE ou C3 (Concertation, Coordination, Communication). Dans ce cadre les actions suivantes peuvent être envisagées : (i) institution d’une journée nationale des PAM, (ii) création de jardins botaniques à caractère pédagogique, (iii) mise en place de circuits d’écotourisme en relation avec les PAM, (iv) introduction des PAM dans les programmes scolaires d’éducation environnementale et de santé ;

Encourager le transfert des technologies respectueuses de l’environnement au niveau de la production et de la transformation ;

Impliquer les ONGs dans le développement de la filière notamment dans la mission de l’information ;

Élaborer une charte et un code d’usage et de bonnes pratiques couvrant tous les aspects de la filière ;

  4. Aspects institutionnels et organisationnels :

Identifier les acteurs de la filière en fonction de leurs missions et activités tout en encourageant les mécanismes de leur coordination et de leur intégration ;

Renforcer l’organisation et l’encadrement des producteurs de la matière première ;

Renforcer, encourager et encadrer les organisations professionnelles existantes ou à créer ;

Encourager la création d’une fédération interprofessionnelle devant assurer la coordination entre les différents intervenants ;

Instaurer un système de partenariat multipartite et pluriannuel pour l’exploitation et la valorisation durable de la ressource ;

Instituer un observatoire national pour suivre et évaluer l’évolution de la filière ;

  5. Aspects de législation et de réglementation :

Elaborer et mettre en oeuvre des cahiers de charges d’exploitation adaptés à chaque écosystème PAM et en harmonie avec les conditions socioéconomiques locales ;

Réglementer la commercialisation et l’exportation des produits sur le marché international, dans le cadre des accords de libre échange et des Accords de Droit de Propriétés Intellectuelles et Commerciales (ADPIC) ;

  6. Aspects de financement et d’incitation économique :

Mettre en place une ligne de financement pour encourager l’investissement dans les projets PAM ;

Prévoir des instruments économiques et financiers de nature à encourager la mise à niveau de la filière ainsi que la valorisation commerciale des PAM pour assurer la compétitivité sur le marché international et encourager la consommation sur le marché local ;

Conclusion : 

Les participants ont insisté sur l’harmonisation des stratégies sectorielles en une stratégie nationale commune, ainsi que sur l’élaboration d’un plan d’actions, décliné en projets d’investissements. Pour ce faire, il a été recommandé que le HCEFLCD prenne l’initiative de constituer un comité ad-hoc, regroupant des représentants des pouvoirs publics, des associations professionnelles, des ONGs, notamment la SOMAPAM, ainsi que d’autres opérateurs tels que ADS, FAO, OMS, PNUD. Il a été également recommandé à l’USAID de continuer à apporter l’appui technique et financier au secteur des PAM.