Actualités
En bref
Du côté des associations
Agenda
Offres d’emplois & stages
Appels d’offres
News letter / Lettres d’informations
Thématiques
Agriculture
Développement humain durable
Développement rural
Droits de l’Homme
Economie sociale
Education et Alphabétisation
Environnement
Femmes et développement
Habitat
L’ eau
Micro Finances
MRE et migration
Plaidoyer
Santé
Société civile et travail associatif
Technologies de l’information
Tourisme et Ecotourisme
Travail des enfants
Annuaires
Annuaire des associations
Organismes de développement et bailleurs
Annuaire Internet
Centres de documentation
Projets de développement
Programmes de développement
Annuaire des consultants
Votre association
Inscrivez votre association Traduction menu en arabe تسجيل جمعيتكم
Créer et gérer une association
Forums
Débats par thématiques
Gestion et animation d’une association
Petites annonces
Tanmia
Présentation
Tanmia dans les nouvelles
 


Imprimer ce document Page précédante Page suivante Accueil > Votre association > Créer et gérer une association
Comment financer et gérer un projet de développement ?

Un mot sur le Développement
Définition d’un projet de développement
Cycle de vie d’un projet de développement
Quelques lignes directrices du management participatif du projet de développement
Elaboration d’un document de projet (pour les ONG)

Auteur : Chahbouni Aziz

Extrait de : « Réfléchir les termes de Développement au Maroc : l’Approche Agence ou l’Intermédiation entre l’Etat et la Société Civile »

Un mot sur le Développement

Sont nombreux les responsables, les chercheurs et les acteurs à parler du développement, peut-être même trop. Il est impossible de nier que la problématique de développement s’est amplifiée et préoccupe le monde entier. Par ailleurs, chacun perçoit ce mot - ce concept - selon sa conception et sa perception des choses. En réalité, ce « phénomène » a fait l’objet d’une succession de définitions et sa signification continue à évoluer. Cela a nécessité bien évidemment une évolution au niveau des approches et stratégies de ce développement.

La question des approches de développement est tellement complexe quelle constitue un carrefour des interventions de différents acteurs, un croisement de plusieurs logiques d’acteurs et une interférence de perception différente de l’espace, du temps, du dimensionnement même du sujet et de sa problématique.

Le développement constitue en fait un « espace » d’interaction d’objectifs, de programmes, de valeurs et d’actions. Bref le sujet de développement forme un champ de rencontre de tous les acteurs parfois avec des intérêts similaires ou complémentaires et d’autres fois avec des intérêts opposés et divergents.

Définition d’un projet de développement

Vue l’importance du besoin ressenti au niveau du terrain (chez les entités territoriales de l’Administration Publique et de la société civile) en matière d’intervention et de travail avec la population et à la base, il s’avère utile de toucher dans cet article également les aspects méthodologiques du travail de terrain. Pour ce faire, des notions sur ce qu’est un projet de développement ainsi que des lignes directrices sur le management d’un projet de développement seront exposées.

Un projet « est une image d’une situation, d’un état que l’on pense atteindre »

C’est un ensemble de :

-  Objectifs à réaliser
-  Par des acteurs
-  Dans un contexte précis
-  Dans un délai donné
-  Avec des moyens définis
-  Nécessitant l’utilisation d’outils appropriés.

Tous les projets ont deux points communs :
-  1. Ils doivent respecter un cheminement donné et un certain nombre de règles de base ;
-  2. Ils sont confrontés à des événements aléatoires qu’ils doivent gérer.

Pour la norme internationale ISO 10006, le projet est un processus unique, qui consiste en un ensemble d’activités coordonnées et maîtrisées comportant des dates de début et de fin, entrepris dans le but d’atteindre un objectif conforme à des exigences spécifiques telles que les contraintes de délais, de coûts et de ressources.

Cycle de vie d’un projet de développement

Il est à noter, ici, que chaque phase du projet devrait être perçue d’une manière globale tout en assurant une action au niveau local. Aussi, la programmation doit se définir au plus petit niveau d’intersection et d’interface entre les orientations nationales et régionales, d’une part et les besoins émanant de la base, d’autre part.

Quelques lignes directrices du management participatif du projet de développement

Un projet peut être comparé à une activité opérationnelle avec une durée de vie limitée. Il doit être Manager c.-à-d. :
-  Organiser (c’est décider qui doit faire quoi, où, quand et comment : la stratégie d’intervention) ;
-  Gérer (c’est utiliser d’une meilleure façon les ressources humaines , financières et matérielles) ;
-  Animer ( c’est donner la vie au projet pour faire un événement extraordinaire ).

Le management du projet n’est pas une chose facile, puisque parfois il est nécessaire de faire des arbitrages entre les objectifs à réaliser, les délais et les moyens.

Toute la question est donc de trouver un compromis et un point d’équilibre entre les objectifs, les délais et les moyens.

Il faut signaler que les processus et les objectifs du management de la qualité ( voir ISO 8402) s’appliquent pour l’ensemble des processus du management du projet.

Le projet doit utiliser un certain nombre d’outils techniques tout au long de la durée de vie. Ainsi les trois piliers du management du projet sont l’organisation, la gestion et l’animation.

1- Organisation & Stratégie d’intervention participative

Pour organiser un projet, il faut faire recours à :

-  un organigramme technique (projet, sous projet, tâches,) ;
-  une planification stratégique (activités, délais, moyens) ;
-  une stratégie d’intervention participative ;
-  un suivi régulier.

Il faut adapter le discours sur le développement à la réalité du terrain pour réduire le décalage entre la théorie et le contexte marocain.

- 1-1 ) Stratégie d’intervention participative

En ce qui concerne la stratégie d’intervention au niveau du terrain, nous recommandons le recours aux approches participatives. Nous rappelons dans le présent article quelques notions importantes du travail du terrain que nous avons appelé portes d’entrées.

En effet, le discours tenu actuellement montre un consensus de plus en plus large sur la nécessité de la participation communautaire. A notre avis, cette participation doit être volontaire et décisionnelle.

Pour ce faire, un dispositif de formation en la matière s’impose à tous les niveaux : population, services techniques, ONG et les autres acteurs locaux.

Ainsi, pour réussir l’action sur le terrain, et par la suite assurer une intervention positive et efficace, il faut :

-  installer une atmosphère de confiance et des bases de concertation ;
-  promouvoir un partenariat véritable entre les acteurs locaux ;
-  enclencher une dynamique "locale" pour un développement durable.

Un point sauvent oublié dans le cadre des projets de développement est celui de renforcer et d’intégrer d’autres actions, pour favoriser la mise en œuvre de l’approche participative en partenariat avec les autres services techniques (Etat)

- 1-2) Organisation sociale

Pour assurer la participation des acteurs concernés par le projet dans l’identification et la réalisation des actions, il faudrait que celle-ci (participation) soit faite dans le cadre d’une organisation villageoise pour affirmer la viabilité et la continuité et donc la durabilité de l’action. Dans le cadre de la réalisation du projet, nous sommes amenés à travailler avec deux types d’organisations différentes :

-  a) la première est informelle : le Douar (ou le quartier pour les projets urbains et péri-urbains) comme unité sociale qui regroupe des individus vivant ensemble et qui ont une même histoire, et partagent un même espace et les mêmes ressources naturelles. Cette organisation qui, au fur et à mesure, impose ses normes et ses règles de jeu et de fonctionnement, peut arriver à terme à une organisation formelle.

-  b) la seconde est une organisation formelle, généralement une association ou coopérative. D’après notre expérience la forme organisationnelle qui peut donner des résultats satisfaisants dans l’immédiat est ce type d’organisation. Dans ce sens, nous proposons d’organiser l’espace rural (cela est très dépendant des compétences et du temps) en associations et coopératives tout en passant par les formes organisationnelles informelles (comité villageois, groupement paysan,...).

2- Gestion du projet & Cadre logique

La gestion du projet consiste à réaliser le projet dans des bonnes conditions. Ceci revient à utiliser des outils adéquats notamment un tableau de bord du projet. Ce dernier est constitué d’un ensemble d’indicateurs lui permettant de suivre et de maîtriser l’avancement du projet. Pour être complet, il doit contenir différents types d’informations et mettre en évidence les réalisations par rapport aux prévisions. A ce niveau, nous recommandons l’utilisation du Cadre Logique.

Le cadre logique est en fait un outil de gestion très intéressant pour le cas des projets de développement. Ainsi nous pensons que la méthode de Gestion du Cycle du Projet qui se base sur le cadre logique peut contribuer à la recherche d’une méthodologie d’intervention participative en matière de développement.

Cette méthode fait appel à trois étapes essentielles à savoir :
-  1. analyse des problèmes
-  2. analyse des objectifs
-  3. analyse des stratégies.

La logique de l’intervention est reprise dans un tableau sous forme de matrice à double entrée ( les activités du projet - le questionnement systémique) en signalant ainsi les principales informations nécessaires pour une meilleure gestion du projet.

Le cadre logique définit (souvent d’une manière assez globale) les activités à entreprendre. Il peut être utilisé pour mieux déterminer les responsabilités et/ou les contributions de chaque intervenant, par activité planifiée.

A noter que le cadre logique s’applique dans le processus de préparation, de mise en œuvre et d’évaluation d’une intervention. Il ne peut être complété qu’au fur et à mesure que les informations sur le contexte, les objectifs/effets (impacts), les résultats, les perspectives de viabilité etc. de l’intervention sont disponibles.

- 3- Animation du projet

L’animation du projet consiste à communiquer tout ce qui concerne le projet entre tous les acteurs et avec l’environnement du projet. Cette animation peut se faire par le biais de :

-  concertation, sensibilisation avec les acteurs concernés par le projet
-  concertation et partenariat avec les différents acteurs
-  information de l’environnement externe sur le projet
-  ateliers de formation et de réflexions.

A noter qu’à ce niveau, l’outil le plus utilisé dans l’animation du projet est le rapport d’état d’avancement, c’est un outil de communication entre tous les acteurs du projet qui permet de :

-  synthétiser l’état d’avancement des travaux et les décisions prises
-  homogénéiser le niveau de connaissance des différents acteurs
-  entretenir la dynamique auprès des partenaires.

Il reste important de souligner la dimension de la communication et de l’information dans la réussite de chaque action entreprise par l’organisme de développement. En effet, la communication externe et surtout interne constituent toutes les deux la colonne vertébrale du projet. Ces deux types de communication permettent en fait les fonctions suivantes :

-  la fonction de ‘bibliothèque’ permettant à tout le personnel de l’organisme et à tous les acteurs de disposer d’un même niveau d’information et de connaissance sur le cycle de vie d’un projet
-  la fonction ‘qualité de gestion et de coordination’ qui permet à tous les acteurs de conjuguer leurs efforts dans l’identification, programmation, exécution et suivi-évaluation du projet
-  fonction ‘d’information et de formation’ via l’échange et l’interaction entre les différents acteurs, en effet le terrain constitue le premier lieu d’apprentissage.

Enfin, les points présentés ci-dessous peuvent contribuer à notre avis à la réussite du management participatif du projet :

-  mettre en place un cadre clair de concertation et de partenariat intra et inter-institutionnel
-  assurer un travail par le management en équipe de tout projet avec des objectifs précis et clairs
-  mettre en place un système de formation au profit de tous les acteurs du projet, notamment en matière de management du projet, dynamique de groupe, approche intégrée de la gestion du projet, gestion de l’information, etc.

Elaboration d’un document de projet (pour les ONG)

Selon les lignes directrices pour la qualité en management du projet (ISO 10006), au moment de l’élaboration du contenu du projet, il convient d’identifier et de consigner par écrit aussi précisément que possible les caractéristiques du produit dans des termes mesurables destinés à être utilisés en tant que base de conception et de développement. Il y a également lieu de spécifier les conditions pour mesurer ces caractéristiques ou la manière d’évaluer la conformité aux exigences du client et de toute partie prenante.

Pour une association demandant le financement, le document du projet est un écrit qui doit regrouper toutes les données analysées dans un enchaînement logique sur une situation donnée. Il doit :

-  justifier l’opportunité et la pertinence pour influencer son financement
-  présenter et exposer un plan d’action concret et opérationnel.

On peut trouver que chaque bailleur de fond peut ‘exiger’ une forme de document de projet.

A signaler que la forme est aussi importante que le contenu, ce dernier qui est presque le même pour tous les projets doit contenir une vision d’ensemble des principales informations concernant le projet.

Nous présentons, à titre indicatif, dans le tableau suivant un schéma élémentaire d’un document du projet qui peut servir de support d’une demande de financement :

Contenu d’un dossier de demande de financement

-  1. Présentation de l’association
-  2. Enoncé du projet
-  3. Description du projet

-  a. Objectif global
-  b. Objectifs spécifiques
-  c. Indicateurs
-  d. Activités
-  e. Plan d’opération

-  4. Organisation devant en permettre la réalisation
-  5. Acteurs & Concernés (bénéficiaires)
-  6. Moyens
-  7. Coûts des opérations
-  8. Echéancier physique et financier
-  9. Faisabilité et durabilité du projet
-  10. Suivi Evaluation
-  11. Résultats escomptés
-  12. Financement global
-  13. participation demandée à l’organisation d’appui.

Expériences professionnelles :

-  cadre dans une ONG Internationale,
-  consultant PNUD,
-  chef de programme - Ministère de l’Agriculture
-  actuellement Chef de service /Organisme de Développement
-  Vice-président d’une ONG de Développement et d’Environnement (ARDE)
-  Membre de réseaux : d’experts de développement durable et de l’environnement en Afrique ( REDDA-NESDA)
-  Base de données d’expertise maghrébine en Développement Durable et environnement (PNUD)
-  Réseau d’Information des Terres Arides (RITA-ONG/OXFAM-UK)
-  Réseau d’Echange Multidisciplinaire Environnement et de Développement (Sec-REMED/ Algérie)

Articles déjà publiés :

-  « Management Participatif et Montage de Projet de Développement », le MAPM, juillet 2001.
-  « Genre et Développement », le MAPM, Août/ Séptembre1998.
-  « L’Approche Participative et le Développement Rural », le MAPM, Avril/Mai 1998.
-  « Management de la Vulgarisation Agricole », le MAPM, Septembre/Octobre 1996.
-  « Développement et Vulgarisation Agricole », le MAPM, Mars 1996.


Publié le 25-05-2005 - 17003 visites

Répondre à cet article

 Forum de l'article
  • Comment financer et gérer un projet de développement ?
    25 mai 2007, par JF
    Bonjour, Je suis un professionnel du développement qui a repris des études en économie du développement. A ces titres, j’adhère tout à fait à cet article. Je recherche actuellement des témoignages, des opinions de quelque horizon que ce soit sur la thématique de la capture et de la corruption sur les projets de développement. Je serais enchanté de discuter de celà en forum avec d’autres personnes intéressées par le sujet. Je n’ai pas d’à priori, mes correspondants sont libres d’aborder le sujet par l’angle qui leur convient le mieux. JF
    • Comment financer et gérer un projet de développement ?
      4 juin 2007, par Eddy ISEKAMA

      Je suis detenteur d’un master en SCIENCES ET TECHNIQUES DE DEVELOPPEMENT des Facultés catholiques de kinshasa en RDC. Je suis disposé à engager un debat avec vous autour la pratique de la corruption dans les projets. D’emblée , il sied de noter que c’est lors de la passation des marchés liés à l’execution des projets que l’on deplore souvent les cas de corruption, surtout en Afrique.

      Eddy ISEKAMA consultant en gestion de projets



 Derniers commentaires (2)
Mai 2007:Comment financer et gérer un projet de développement ?

Voir en ligne

Accueil | A propos | Responsabilité éditoriale | Nous écrire | Plan du site | Recherche | Par MTDS  | 

Ce site est placé sous licence Creative Commons BY-NC-SA

Top Maroc