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Adoption de la Convention sur les Droits des Personnes Handicapées.

 

L’Assemblée générale de l’ONU a adopté, mercredi 13 décembre 2006, une convention pour protéger les droits de quelque 650 millions de personnes handicapées à travers le monde, souvent objet de toutes sortes de marginalisation et de discrimination notamment dans les pays pauvres.

La Convention, une première selon les gouvernements et les ONG, a pour but de « promouvoir, protéger et assurer la pleine et égale jouissance de tous les droits de l’homme et de toutes les libertés fondamentales par les personnes handicapées ».

Le Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a qualifié le document adopté par consensus, au terme de quatre ans de négociations, de « réalisation historique pour les handicapés ».

Les Etats parties s’engagent à garantir et à promouvoir le plein exercice de tous ces droits « sans discrimination d’aucune sorte fondée sur le handicap », notamment en adoptant des lois à cet effet, indique un des articles de cette Convention.

En vue d’entrer en vigueur, le traité doit être signé et ratifié par au moins 20 pays sur les 192 Etats membres. Ce processus doit commencer en mars prochain.

« Pour 650 millions de personnes dans le monde affectées par un handicap, cela augure d’une nouvelle ère au cours de laquelle les personnes handicapées ne seront plus soumises à des pratiques et des attitudes discriminatoires qui durent depuis bien trop longtemps », a déclaré le Secrétaire général adjoint de l’ONU, Mark Malloch Brown.

« Trop souvent les personnes handicapées ont été des objets de gêne et au mieux de condescendance et de charité », s’est-il indigné.

Rappelant que la plupart des handicapés vivaient dans les pays en développement, la présidente de l’Assemblée générale, Sheikha Haya al-Khalifa, a indiqué, pour sa part, que « les personnes handicapées ont dû gérer, trop souvent, non seulement leur propre handicap mais aussi leur ’invisibilité’ face à la société et aux décideurs ».

Pour les militants des droits humains et des personnes handicapées, dont certains ont assisté à cet événement à New York, cette convention de 50 articles est le premier traité sur les droits de l’homme adopté au 21ème siècle et le premier à naître d’un lobbying largement mené sur Internet.

A travers ce document, ils espèrent qu’aucun pays ne tolérera plus de reléguer les personnes handicapées à la marge de la société. En la ratifiant, les Etats s’engagent en effet à traiter ces personnes en tant que citoyens soumis à la loi avec des droits bien définis.

Le traité, qui entend combler un vide dans le domaine du droit humanitaire international, explique en détails les droits des personnes atteintes d’un handicap. Il couvre, entre autres, les droits civils et politiques, les droits à l’éducation, à l’emploi et à la santé, à la protection sociale et à une meilleure accessibilité aux transports.

Comme l’explique clairement le traité, le changement du regard et de l’attitude de la société reste une condition sine qua non pour améliorer le sort des millions d’handicapés à travers le monde.

Aujourd’hui, seuls 45 pays disposent d’une législation sur les droits des personnes handicapées.(MAP).

 

Source : MAP

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