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Accompagnement social

L’accompagnement social, la maîtrise d’oeuvre sociale (MOS) sont deux notions complémentaires, la première agit en aval tandis que la deuxième en amont. Ces deux notions ont pour objectif l’amélioration des conditions de vie des populations vivantes dans l’habitat insalubre.Cet habitat insalubre est un phénomène à la fois ancien et nouveau au Maroc, caractérisant aussi bien le milieu urbain que le milieu rural. Au cours du siècle qui vient de s’écouler, il n’a cessé de s’amplifier, de se diversifier et de s’étendre à toutes les villes marocaines, quelles que soient leurs localisations, leurs tailles et leurs fonctions, pour devenir une composante quasi-structurelle de tout tissu urbain.

Ce phénomène, dû aux effets conjugués de la poussée démographique et de l’exode rural, s’est accompagné de mutations socio-économiques et culturelles profondes, imposant des changements radicaux dans l’organisation sociale et spatiale des agglomérations.

Cela se manifeste par le développement de noyaux d’habitat, non réglementaire mettant en cause la sécurité et la santé publique des habitants. Il s’agit notamment de :

•L’habitat menaçant ruine : constructions instables et menacées d’effondrement, souvent visibles dans les tissus anciens (médinas), les douars en pisé, les fondouks.

•Les quartiers non réglementaires : terrains non viabilisés sommairement aménagés construits sans plan d’ensemble, dépourvus de toute infrastructure de base et de tout équipement socioculturel.

•Les bidonvilles : groupement d’habitations précaires auto construites (baraques) avec du matériel de récupération.

•Parallèlement à l’évolution quantitative et qualitative de ce phénomène, les pouvoirs publics ont successivement élaboré des politiques variées, différemment ciblées, diversement outillées et inégalement efficaces dans le but d’améliorer, de réduire ou d’éradiquer les formes d’habitat jugées insalubres.

•La restructuration : amélioration d’un bidonville ou d’un quartier semi-auxiliaire, généralement par l’apport d’infrastructures et d’équipements.

• Le recasement : déplacement d’une population bidonvilloise soit à proximité soit à distance dans des parcelles viabilisées qui leur sont vendues à un prix préférentiel.

•Le relogement : déplacement d’une population bidonvilloise dans de nouveaux logements

•Cependant, les différentes initiatives de restructuration, de relogement ou de recasement n’ont pas toujours apporté les résultats escomptés, et posent des problèmes de faisabilité de plus en plus graves. Plusieurs handicaps se manifeste à cette situation, notamment de blocage :

•Le manque d’informations sur les ménages bénéficiaires : les enquêtes réalisées, sont strictement quantitatives et ne fournissent aucune donnée qualitative sur les possibilités financières des ménages, les structurations sociales existantes,…

•L’absence d’accompagnement social des populations tout au long du projet. Face à cette situation, le Ministère Chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme a adopté une nouvelle politique « l’accompagnement social » basée sur la concertation et la participation des différents intervenants et bénéficiaires. Il s’agit d’une approche de collaboration en vue de favoriser l’essor d’une culture de citoyenneté, de responsabilité sociale et de confiance chez les habitants.(…)

Actuellement, quelques expériences sont achevées difficilement, avec parfois l’appel aux forces, d’autres viennent de commencer présentant des difficultés de différents genres. Cet échec, si on peut dire, est due probablement aux : 

 Manque d’informations et caractéristiques socio-économiques et démographiques des ménages qui seront bénéficières de l’opération de relogement, recasement ou restructuration, 

 La dimension sociale est sous estimée par rapport au caractère purement commercial de l’opération, 

 Le manque d’expériences antécédentes dans le domaine 

 La non intégration des paramètres socio-économiques des ménages bénéficières dans le montage du projet avant son démarrage ; 

 Le manque d’un staff professionnel dans le domaine de l’accompagnement social ;

 

Pour remédier et afin d’accompagner les ménages socialement,différentes missions doivent être entreprises avant, pendant et après le démarrage du projet :

•Avant L’introduction des paramètres socio-économiques des ménages, enquêtes et investigations auprès des bénéficières sur plusieurs paramètres (revenu, taille de ménage, taux de cohabitation, enfants scolarisés, sources de revenu, personnes en situation difficiles,…) doivent être tenus en compte dans le montage financier du projet. Différemment, les travaux de viabilisation du terrain, les travaux hors et in site, le type de matériaux de construction utilisées ultérieurement dans le bâtiment,… doivent répondre à la question suivante : une fois le travail est fini (bâtiment ou lot de terrain, …) est ce que le ménage aura les capacités financières pour payer le montant final ? Autrement dit, le prix de reviens ne doit pas être cher.

• Pendant Deux cas de figures peuvent se présenter pendant la durée de l’accompagnent social, sinon plusieurs (…),il s’agit de : 

 Ménage capable de payer le montant demandé pour bénéficier : ce cas de figure n’entrave pas l’opération ; 

 Ménage en situation difficile : c’est le ménage que l’accompagnateur social doit en tenir compte et trouver les différents moyens pour l’aider (guider pour avoir un crédit, contact des ONGs et bailleurs de fonds,…) 

 L’accompagnent social n’est pas délocaliser la population bénéficière, mais, plutôt, créer pour elle des activités génératrices de revenus (AGR). Sensibiliser cette population à la gestion des espaces urbains, à l’éducation, à la protection de l’environnement, à la santé,…

•Après Une fois l’opération est terminée, l’accompagnement social ne s’arrête pas là, mais il faut voir les différentes formes d’appropriations du nouveau logement, de l’espace, … est ce que les enfants scolarisés ont bien regagné leurs nouvelles classes ? est ce qu’ils n’ont pas de problèmes d’intégration dans le nouveau mode de vie ? Comment les parents vivent dans le nouveau espace (…) ? Est ce qu’ils n’ont pas de problèmes d’insertion ? Les moyens de transports existent-ils ? Est ce qu’il y a création de nouvelles activités rémunératrices dans le nouveau espace urbain ?

Certes, un bon encadrement, une bonne maîtrise de la MOS et de l’accompagnent social aboutissent, sans faire appel aux forces de l’ordre, à convaincre la population bidonvilloise d’adhérer au projet et par conséquent un logement salubre.

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