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8 mars : La femme marocaine à mi-parcours de l’émancipation

Le 8 mars est la Fête de la Femme mais aussi l’occasion pour dresser la situation de sa progression sociale, humaine et économique au Maroc. Depuis l’indépendance, la femme marocaine a prouvé de jour en jour et d’une année à l’autre qu’elle est un acteur incontournable de développement. L’amélioration de ses conditions va se répercuter sur la population tout entière et sur la croissance du pays.

Certes, la femme marocaine n’a cessé au fil des ans de graver les échelons et devenir un vrai rival de l’homme. Mais les disparités sont toujours flagrantes. Et les différences sont notoires entre femmes rurales et femmes urbaines.

D’après le recensement général de la population de 2004, la population féminine est légèrement plus importante que celle des hommes marocains. Elle représente 50,9% de la population dont la majorité est concentrée dans les villes, fuyant en cela l’environnement pénible de la campagne. 34% des femmes adultes sont célibataires et 10% sont veuves. Les femmes marocaines ont un niveau d’éducation encore faible. Le taux d’analphabétisme est de 54,7% contre 30,8% pour les hommes. Les femmes rurales sont les plus touchées avec une proportion de plus de 74%. Cette proportion est supérieure aux femmes rurales de plus de 25 ans. Alors qu’en ville les femmes sont presque deux fois moins analphabètes avec une proportion de 39,5%. Le Maroc s’est efforcé de combler ce déficit en matière d’éducation des filles. Les Objectifs du Millénaire tablent sur une scolarisation totale des jeunes filles en 2015. Il s’agit d’éliminer cette dissymétrie considérable qui existe entre les enfants scolarisables du sexe masculin et du sexe féminin.

Par ailleurs, il est à noter que le rapport 2006 du PNUD sur le Maroc a rapporté que «le déficit quantitatif de la scolarisation des filles est en partie compensé par les aspects qualitatifs de leur insertion dans le système éducationnel. Leurs performances en effet tendent à être meilleures que celles des garçons comme le montre l’examen de leur insertion dans la formation professionnelle et dans l’enseignement supérieur. La femme rurale est également mal lotie en matière d’espérance de vie à la naissance. Elle vit moins de 73 ans par rapport à la femme urbaine. C’est 68,1 ans contre 75,4 ans. Ceci montre clairement les disparités en matière de santé, de nutrition et d’hygiène de vie. Dans le meilleur cadre, la mortalité des femmes lors de l’accouchement reste préoccupante : elle est de 227 pour 100.000. La comparaison avec des pays similaires montre que le risque de décéder à la suite d’un accouchement est deux fois plus élevé au Maroc qu’en Tunisie et en Egypte et presque six fois en Jordanie. La situation est plus grave à la campagne qu’en ville . Ainsi pour 100.000 naissances vivantes, on compte 267 décès maternels en milieu rural, contre 187 au niveau urbain. Dans le même registre on note que le Royaume a réalisé des performances notoires. L’indice de fécondité est passée de 4 à 2,5 enfants soutenu en cela par le taux de prévalence contraceptive qui est passé de 41% à 63% entre 1992 et 2003.

Au niveau de l’emploi, la femme rurale est mieux lotie que la femme urbaine. Une femme urbaine sur cinq travaille. Alors que cette proportion est de deux femmes sur cinq en milieu rural. Le Maroc présente le taux d’activité le plus faible des femmes comparé avec les autres Etats matrimoniaux. Au niveau professionnel, la femme est présente dans tous les métiers excepté quelques secteurs comme le BTP qui emploie près de 12% de la population active. 35% des actifs féminins sont employés dans l’industrie et l’artisanat contre 19% chez les hommes. Elles sont 17% dans les services sociaux (contre 12% pour les hommes).

La situation de femmes entrepreneurs gagne de plus en plus de terrain. Mais le faible accès de la femme au capital reste notoire. Moins de 1% des femmes actives occupées en 2000 se sont déclarées comme employeurs contre 3% pour les hommes.

Par milieu de résidence, 12,8% des femmes actives occupées en milieu rural sont des cadres moyens (contre 5,8% pour les hommes). Alors que les professions de commerçant, d’intermédiaire ou de financier ne drainent que 3% des femmes actives occupées (15% chez les hommes). Dans les zones rurales, presque 85% des femmes actives occupées sont employées en tant qu’ouvrières et manœuvres non agricoles (contre 45,8% chez les actifs masculins).
Par ailleurs, les femmes détiennent plus de 152.000 unités dans l’informel soit un taux de 12,4% dans ce secteur. La part de l’emploi féminin est de 23,2%. 62% de ces unités sont tournées vers l’artisanat. Les unités informelles féminines sont plus localisées au domicile.

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